Pas de précipitation. Emma Raducanu l'a confirmé cette semaine en marge de son annonce comme ambassadrice UNIQLO : elle n'est pas activement en recherche d'un nouveau coach, satisfaite du travail effectué avec Alexis Canter à ses côtés. Un choix assumé, dans une saison déjà chahutée par des pépins de santé et une séparation avec Francisco Roig.
Un début de saison compliqué, un remaniement express
L'année a mal démarré. Éliminée dès le deuxième tour de l'Open d'Australie par Anastasia Potapova, Raducanu n'a pas masqué son insatisfaction — pas seulement dans les résultats, mais dans la façon dont on lui demandait de jouer. Quelques jours après cette sortie de route, Roig, longtemps entraîneur de Rafael Nadal, fut remercié.
Le choix de lui substituer Canter, ex-joueur professionnel britannique qui connaît bien la joueuse, porta ses fruits presque immédiatement. À Cluj-Napoca, Raducanu atteignit la finale — sa première depuis l'US Open 2021. Elle dut s'incliner face à Sorana Cirstea, elle-même diminuée par un virus. Le même virus la rattrapa ensuite à Doha puis à Dubaï, où elle chuta dès le premier tour dans les deux cas.
Canter, un choix de continuité plutôt que de rupture
Emma Raducanu a été claire sur la situation avec son staff. Elle ne cherche pas à recruter, et elle a expliqué pourquoi sa relation avec Canter lui convient en ce moment précis.
"Là, j'ai Alexis dans mon coin. Il me connaît en tant que personne, en tant que joueuse. Et j'ai eu de vraies réussites avec lui l'an passé, à Washington (demi-finale) et à Cluj. Ça se passe bien."
Sur Roig, aucune animosité. La Britannique précisa que le courant passait bien sur le plan humain, mais que les visions divergeaient sur « certains aspects clés ». La relation professionnelle s'acheva là, le contact personnel, lui, se maintient. C'est là que ça se joue souvent dans les décisions de séparation sur le circuit : non pas un conflit, mais un désalignement.
Un style de jeu à (re)construire
Au-delà de la question du staff, Raducanu a livré ce qui ressemble à un vrai cap tactique. Elle veut développer un jeu plus agressif. Pas une révolution — plutôt un retour à des fondamentaux qu'elle estime avoir délaissés.
Son bilan sur surface dure (44 victoires, 39 défaites en carrière) reflète une joueuse qui peut performer sur ce terrain, mais dont la régularité reste en question. L'objectif affiché d'un tennis plus offensif est cohérent avec une joueuse numéro 25 mondiale qui, à 23 ans, sait qu'elle doit prendre davantage l'initiative pour franchir des caps.
Elle l'a elle-même formulé sans détour : revenir aux fondamentaux par la répétition, puis construire là-dessus une agressivité accrue. Une feuille de route simple, mais qui demande du temps — et de la santé.
Indian Wells comme premier vrai test du nouveau cycle
La prochaine étape est connue : le WTA 1000 d'Indian Wells, qui débute le 4 mars. Ce sera la sixième participation de Raducanu dans le désert californien. Son meilleur résultat sur ce tournoi reste un huitième de finale, atteint en 2023.
Le timing est important. Après deux premières rondes perdues à Doha et Dubaï, la pression d'enchaîner un résultat solide avant la saison sur terre battue commence à se faire sentir. À Indian Wells, face à un tableau WTA 1000 relevé, le duo Raducanu-Canter aura l'occasion de confirmer que la finale de Cluj-Napoca n'était pas un accident — et que le travail en cours mérite d'être poursuivi.




