Emma Raducanu s'est inclinée dès le premier tour du tournoi de Dubaï face à la Croate Antonia Ruzic, lucky loser entrée dans le tableau principal au dernier moment. La Britannique, qui a réclamé un temps mort médical pour le troisième match consécutif, s'est effondrée dans la manche décisive après avoir recollé au score (1-6, 7-5, 2-6). Pour Ruzic, classée 66e mondiale, il s'agit d'une première victoire face à une joueuse du top 30.
Une entrée catastrophique, un recours médical désormais récurrent
Antonia Ruzic a mis Emma Raducanu sous pression dès les premiers échanges. La Croate a breaké d'entrée dans le deuxième jeu, puis dans le sixième, pour empocher le premier set sans trembler. Raducanu, 25e mondiale, n'a jamais trouvé la solution face à l'intensité adverse. À 1-6, la Britannique a demandé l'intervention du médecin. C'est la troisième fois en trois matchs qu'elle interrompt la partie pour raisons médicales : déjà en finale à Cluj-Napoca, puis lors de son entrée en lice à Doha face à Camila Osorio.
Ce recours systématique pose question. La programmation de Raducanu en début de saison — trois tournois en trois semaines — ne lui a visiblement pas permis de récupérer. À ce rythme, chaque enchaînement devient une équation physique incertaine. Le calendrier ne pardonne pas, et la gestion du corps reste son talon d'Achille depuis son sacre à l'US Open en 2021.
Le sursaut du deuxième set ne suffit pas
Après la reprise, Ruzic a continué sur sa lancée. Elle a mené 5-3, à un jeu du match en deux manches. Mais Raducanu a soudain haussé le ton. Elle a breaké deux fois de suite pour renverser le set et forcer une troisième manche. Quatre jeux d'affilée, une intensité retrouvée : la Britannique semblait capable de s'en sortir. Ce sursaut a suffi à relancer l'incertitude. Ruzic, lucky loser après une défaite au dernier tour des qualifications, avait pourtant toutes les raisons de douter.
Mais ce moment de flottement n'a pas duré. Raducanu a bien commencé le troisième set en prenant les deux premiers jeux. Six jeux consécutifs au total depuis la fin du deuxième acte. Puis plus rien. L'énergie dépensée pour revenir dans le match a creusé un trou béant. Ruzic a aligné six jeux d'affilée pour conclure. La Britannique n'a plus marqué un seul point décisif. Un effondrement qui interroge sur sa capacité à tenir trois sets dans un contexte physique déjà fragile.
Ruzic, première victoire majeure en carrière
Pour Ruzic, ce succès représente un jalon. Elle avait déjà fait parler d'elle à l'Open d'Australie en poussant Naomi Osaka dans ses retranchements au deuxième tour. Cette fois, elle a franchi un cap : battre une joueuse du top 30, ancienne championne en Grand Chelem, sur trois manches. La Croate, 23 ans, affiche désormais un bilan de trois victoires pour deux défaites sur dur depuis le début de l'année. Son jeu direct et son mental solide dans les moments-clés lui ont permis de capitaliser sur les failles adverses.
Elle était entrée dans le tableau principal après le forfait d'Elisabetta Cocciaretto, qui avait remporté deux matchs de qualifications ce week-end. Une opportunité saisie au vol. C'est là que ça se joue : être prêt au bon moment, quand la porte s'ouvre à l'improviste. Ruzic affrontera une autre lucky loser au deuxième tour, l'Allemande Anastasia Zakharova, victorieuse de Moyuka Uchijima. Une occasion de prolonger l'aventure.
La marge de manœuvre de Raducanu se réduit
Pour Raducanu, cette élimination précoce marque un nouveau coup d'arrêt. Elle comptait sur Dubaï pour enchaîner après une finale perdue à Cluj-Napoca et une défaite dès l'entrée à Doha. Avec un bilan de 44 victoires et 38 défaites sur dur en carrière, elle montre une solidité relative sur cette surface, mais la régularité lui échappe. Son classement, 25e mondial, ne correspond pas à son statut d'ancienne championne majeure. Chaque tournoi devient une bataille pour maintenir le cap.
La question stratégique se pose désormais : faut-il revoir la programmation, espacer les tournois, privilégier la récupération ? Raducanu doit trancher. Son prochain objectif sera de retrouver de la continuité physique et mentale avant les tournois sur terre battue au printemps. L'année 2026 peut encore basculer, mais il faudra ajuster le rythme. La confiance reste intacte, le corps moins.




