Interview

Mirra Andreeva raconte son « stop » mental à Roland-Garros

À Roland-Garros, Mirra Andreeva a atteint les quarts avec un calme retrouvé. Elle a expliqué son “panneau STOP” mental pour couper les pensées qui s’emballent.

Lena Kovac
2 juin 2026
3 min
Mirra Andreeva raconte son « stop » mental à Roland-Garros

À Roland-Garros, Mirra Andreeva a avancé jusqu’aux quarts avec une maîtrise qui tranche sur ses épisodes d’émotions passés. La Russe a expliqué comment elle s’est appuyée sur une image mentale, un panneau « STOP », pour calmer les pensées qui s’emballent pendant les matchs.

Mirra Andreeva a connu un seul moment vraiment périlleux : au deuxième tour, elle a concédé le premier set à Marina Bassols Ribera avant de renverser la situation en 3-6 6-1 6-1. Sur le court, on l’a sentie reprendre le tempo dès que l’échange s’est resserré, avec cette posture stable qui ne laisse pas la panique gagner du terrain.

Un quart construit sur une réponse immédiate

Après ce départ accroché, Andreeva a enchaîné sans trembler. Elle a d’abord battu Marie Bouzkova 6-4 6-2, puis a écarté Jil Teichmann 6-3 6-2, pour décrocher un rendez-vous au tour suivant face à Sorana Cirstea. Dans les tribunes, l’impression de contrôle a été constante : quand le rythme montait, elle gardait une ligne de conduite, sans laisser l’adversaire lui voler l’intervalle entre deux frappes.

Son parcours aux quarts reposait aussi sur sa capacité à digérer les phases chaudes. On l’a vue revenir au geste simple et répétable : un coup droit bien lancé, appuyé, qui relançait l’échange au bon endroit et lui redonnait de l’air. Résultat : elle a fini par verrouiller la suite du tableau, sans concéder plus d’un set sur l’ensemble de son chemin jusqu’à ce stade.

Le « stop sign » dans la tête, et la respiration

Andreeva a détaillé la technique auprès des médias. Elle a expliqué que, lorsque des pensées surgissaient et qu’elles devenaient difficiles à gérer, son psychologue lui avait demandé d’imaginer un « grand panneau STOP » sur la route. L’idée était de remplacer l’emballement mental par une consigne visuelle, nette, immédiate.

« J’ai été voir une psychologue, et elle m’a dit d’imaginer un grand panneau STOP sur la route… So I’ve been trying to imagine that. »

Dans sa description, elle a aussi relié cette image à d’autres outils : des exercices de respiration et un changement de focalisation. Elle a ajouté qu’elle chantait une chanson dans sa tête pour « switcher » son attention, afin de casser le fil des scénarios qui tournent en boucle. À Roland-Garros, ce mélange a donné une sensation de calme, même quand le match exigeait une accélération.

Des épisodes d’émotions, puis un autre visage

Avant d’arriver à Paris avec cette stabilité, Andreeva avait déjà laissé voir des difficultés à contenir la frustration. À Dubaï, elle s’était montrée en proie à l’émotion : elle s’est frappée avec sa raquette et a pleuré lors d’une défaite en quart de finale contre Amanda Anisimova. Quelques semaines plus tôt, à Indian Wells, elle a aussi vécu un moment de rupture : après avoir laissé filer un avantage contre Katerina Siniakova, elle a subi une défaite au troisième tour, puis elle a jeté sa raquette et a maudit le public en quittant le court.

Elle a ensuite reconnu avoir éprouvé de la honte après cet épisode. À Roland-Garros, son langage corporel a paru plus tenu : moins d’à-coups, plus de constance dans le placement, et une exécution qui revenait au même point d’appui, comme si la concentration avait remplacé l’impulsion. Pour le prochain match, l’enjeu est clair : elle affrontera Sorana Cirstea en quarts de finale à Roland-Garros, avec l’objectif d’aller chercher une place encore plus haute dans le tableau et de continuer à réduire les zones de tension.

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