Amanda Anisimova a réagi à l'annonce de retraite de Destanee Aiava, la qualifiant de « déchirante ». L'Américaine, 4e mondiale et elle-même passée par une pause dans sa carrière en 2023, a exprimé son empathie envers l'Australienne de 25 ans qui quitte le circuit professionnel en dénonçant la culture du tennis.
Un message de retraite qui secoue le circuit
Le message publié par Destanee Aiava sur les réseaux sociaux ce week-end a fait l'effet d'une bombe. L'Australienne, classée aux alentours de la 320e place mondiale, a annoncé que 2026 serait sa dernière saison sur le circuit. Dans un texte brut, sans filtre, elle a comparé le tennis à « un petit ami toxique » et dénoncé une culture qu'elle décrit comme raciste, misogyne et homophobe.
Onze fois titrée sur le circuit ITF, Aiava n'a jamais percé au plus haut niveau. Son bilan — 8 victoires pour 13 défaites sur dur, 1 victoire pour 2 défaites sur gazon — témoigne d'une carrière restée aux portes du circuit principal. Mais c'est le fond de son message, plus que ses résultats, qui a interpellé le vestiaire.
« C'était triste à lire »
Interrogée à Dubaï, Amanda Anisimova a choisi ses mots avec prudence. L'Américaine de 24 ans, 5 titres en carrière et 4e mondiale, a reconnu avoir été touchée par le message sans chercher à se prononcer sur les accusations précises d'Aiava.
"Le post était déchirant, et c'était triste à lire. [...] Au bout du compte, c'est navrant qu'elle ait vécu cette expérience. Peut-être qu'elle changera d'avis et aura un nouveau départ dans le tennis."
Anisimova admit ne pas connaître personnellement Aiava et ne pas avoir suffisamment de détails pour commenter les accusations spécifiques, qu'elles concernent les réactions sur les réseaux sociaux ou le comportement au sein du circuit. Une réponse mesurée, caractéristique d'une joueuse qui sait à quel point le sujet de la santé mentale dans le sport est délicat.
L'expérience d'Anisimova, un écho personnel
La question de la santé mentale touche Anisimova de près. En 2023, l'Américaine avait elle-même pris la décision de mettre sa carrière en pause, sans date de retour définie. Le burnout, la pression, l'isolement du circuit — autant de facteurs qu'elle a évoqués depuis pour expliquer ce choix.
Le parallèle avec Aiava s'arrête là. Anisimova est revenue plus forte, multipliant les déclarations sur le fait que cette pause avait été l'une des meilleures décisions de sa carrière. L'Australienne, elle, a choisi de tourner la page définitivement. Deux trajectoires opposées face à un même constat de souffrance.
Un débat qui dépasse le cas Aiava
La sortie d'Aiava relance un débat de fond sur les conditions de vie des joueuses en dehors du top 100. Le contraste est saisissant : tandis qu'Anisimova, installée dans le top 5, dispose d'un encadrement complet et de revenus confortables, des centaines de joueuses naviguent dans l'anonymat du circuit secondaire avec des moyens limités. C'est dans cet angle mort que les problèmes dénoncés par Aiava prennent tout leur poids.
L'incident survient alors qu'Anisimova poursuit son parcours au WTA 1000 de Dubaï, où elle est tête de série n°2. Après sa victoire sur Janice Tjen (6-1, 6-3), l'Américaine affrontera Mirra Andreeva en quart de finale. Un match qui l'éloignera momentanément des questions extra-sportives, mais le sujet soulevé par Aiava continuera de résonner bien au-delà de la semaine dubaïote.




