Coco Gauff l'admet sans détour : bien faire au Miami Open figure sur sa liste de priorités absolues. La numéro 4 mondiale, qui a grandi en Floride du Sud, n'a jamais réussi à s'imposer dans ce tournoi WTA 1000 qui se joue littéralement dans son jardin. Elle entend bien changer cela cette année.
Un bilan décevant sur home court
La double championne du Grand Chelem a beau être l'une des joueuses les plus régulières du circuit, Miami lui résiste depuis le début de sa carrière. Ses passages dans ce tournoi se résument à deux sorties au deuxième tour, un troisième tour et trois participations aux huitièmes de finale — des résultats qui tranchent nettement avec son niveau habituel sur les autres grands rendez-vous.
Ce paradoxe n'échappe pas à la principale intéressée, qui constate elle-même que ses performances ici sont inversement proportionnelles à ce qu'elle produit ensuite sur terre battue. Un constat qu'elle évoque avec une certaine lucidité, sans trouver d'explication rationnelle.
« J'adorerais bien faire ici. Il me semble qu'à chaque fois que je joue mal ici, je fais bien sur terre battue, mais c'est clairement un tournoi qui est sur ma bucket list. [...] Peut-être que c'est cette année. »
Une présence à Miami malgré une blessure au bras
Son arrivée dans ce tournoi n'est pas allée de soi. Lors du troisième tour à Indian Wells, première étape du Sunshine Double, Gauff avait dû déclarer forfait en cours de match contre Alexandra Eala après avoir ressenti ce qu'elle décrit comme des « feux d'artifice » dans le bras gauche. Ce problème nerveux aurait pu l'écarter de Miami.
La décision de jouer ne fut pas évidente. Elle le reconnut elle-même en conférence de presse d'avant-tournoi : l'idée de passer son tour avait traversé son esprit, mais l'attachement à ce tournoi particulier a pesé dans la balance. « Si ce n'avait pas été Miami, j'aurais probablement passé mon tour », concéda-t-elle.
C'est un aspect souvent sous-estimé dans la préparation d'une compétition : jouer à domicile est à la fois un avantage logistique et une source de pression supplémentaire. Gauff le vit des deux façons, ayant alterné entre résidence personnelle et hôtel selon les années, sans que l'un ou l'autre arrangement ne se révèle décisif.
Un premier tour face à Cocciaretto ou Semenistaja
Tête de série numéro 4, Gauff abordera son tournoi contre l'Italienne Elisabetta Cocciaretto ou la lucky loser lettone Darja Semenistaja. Un premier tour sur le papier abordable, mais Miami a l'habitude de lui compliquer la tâche dès les premiers tours.
Le schéma tactique à surveiller dans son cas sera précisément sa capacité à entrer dans le match avec la bonne intensité, sans laisser les attentes liées au statut de joueuse locale parasiter sa lecture du jeu. À ce niveau, la marge est infime entre un début de tournoi maîtrisé et un accroc prématuré.
La grande question de la profondeur du parcours
Si Gauff passe ce premier obstacle, la suite du tableau lui dira rapidement si 2026 peut enfin être l'année de la rupture avec un bilan local qui ne lui ressemble pas. Les huitièmes de finale représentent son plafond habituel ici — dépasser ce seuil constituerait déjà une avancée concrète avant d'envisager une semaine complète.
Son prochain match est attendu en début de semaine. En cas de victoire, elle intégrerait le troisième tour où les têtes de série du haut du tableau commenceront à se croiser. Le Miami Open se prolonge jusqu'à fin mars, et pour Gauff, chaque tour supplémentaire au-delà de ses habituels huitièmes de finale représentera un territoire neuf.




