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Gauff sans coach ? « Je me perdrais complètement »

Interpellée sur le modèle d'Emma Raducanu — fonctionner sans entraîneur attitré —, Coco Gauff a répondu sans détour à Indian Wells : elle, sans coach, « se perdrait complètement ».

Julien Doucet
8 mars 2026
3 min
Gauff sans coach ? « Je me perdrais complètement »

À Indian Wells, Coco Gauff a réglé son cas en deux sets face à Rakhimova (6-3, 7-6) avant d'aborder un sujet qui anime le circuit en ce moment : la relation des joueuses à leur staff technique. Interpellée sur le choix d'Emma Raducanu de fonctionner sans entraîneur attitré, la numéro 4 mondiale a été directe — ce modèle n'est pas pour elle.

Le modèle Raducanu : une philosophie assumée

Juste avant Indian Wells, Emma Raducanu avait fait une déclaration remarquée. La Britannique, 25e mondiale, a expliqué publiquement qu'elle ne souhaitait pas s'attacher à un seul entraîneur sur le long terme, préférant recourir à des aides ponctuelles tout en gérant une partie du travail seule. Une approche qui tranche avec les pratiques habituelles sur le circuit WTA.

Sur le court, Raducanu a appuyé ses mots par les actes. Face à son adversaire du deuxième tour à Indian Wells, elle a signé un match référence : 6-1, 6-3, avec un taux de première balle à 93%. Une maîtrise qui rend son discours d'indépendance encore plus audible.

Gauff : la direction avant tout

Coco Gauff, elle, voit les choses différemment. Interrogée en conférence de presse après sa victoire, l'Américaine a souri avant de répondre avec franchise.

« Je ne pense pas que ça se passerait bien [...] Avec tous les changements que je fais dans mon jeu en ce moment, je pense que je me perdrais complètement sans coach. »

Elle a nuancé son propos en reconnaissant que l'autonomie existe dans sa relation avec son staff : lors du match face à Rakhimova, elle n'a pas regardé son banc une seule fois pour demander conseil. Ce qui fait la différence selon elle, c'est moins la présence physique d'un entraîneur que la disponibilité d'une direction, d'un cadre dans lequel travailler.

Un staff qui « ne sur-coache pas »

Le choix tactique est clair dans le discours de Gauff : elle revendique un encadrement présent mais non intrusif. « Mon équipe actuelle ne sur-coache pas. Ils me laissent réfléchir par moi-même », a-t-elle précisé. C'est cet espace de liberté dans un cadre structuré qui lui convient — à l'opposé de l'autonomie totale que Raducanu semble rechercher.

Depuis la fin de l'US Open 2024, Gauff a remanié son staff à deux reprises. Elle avait d'abord séparé des voies avec Brad Gilbert avant d'intégrer Matt Daly comme remplaçant, puis avait écarté ce dernier et intégré l'expert en biomécanique Gavin MacMillan juste avant l'édition suivante de l'US Open. Des ajustements qui témoignent d'une recherche active, mais toujours dans le cadre d'un accompagnement assumé.

Un échange qui révèle deux visions du métier

Au fond, cette conversation dépasse le simple débat sur les staffs techniques. Elle touche à la manière dont chaque joueuse construit sa relation au jeu et à la performance. Raducanu revendique une forme d'appropriation totale de son tennis. Gauff, elle, considère qu'à ce niveau, la marge est infime et qu'un regard extérieur reste indispensable pour ne pas dériver.

À Indian Wells, sur dur, Gauff affrontera Alexandra Eala au troisième tour pour une place en huitièmes de finale. Raducanu, de son côté, poursuit également son parcours dans le tableau. Une éventuelle confrontation entre les deux joueuses au fil du tournoi relancerait forcément ce débat — sur le court cette fois, où leur bilan de confrontations directes donne l'avantage à la numéro 4 mondiale.

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