Battue sèchement en huitièmes de finale à Indian Wells ce mercredi 11 mars, Alexandra Eala quitte le tournoi sur un score sans appel. L'élimination n'a pourtant pas éteint l'enthousiasme autour de la joueuse philippine de 20 ans, que l'ancien joueur Greg Rusedski voit rejoindre le top 10 mondial.
Une défaite nette qui ne reflète pas le tableau d'ensemble
Le score parle de lui-même : 6-2, 6-0 en faveur de son adversaire au quatrième tour. Face à cette adversaire, Alexandra Eala n'a converti que 5 % de ses balles de break, tandis que son jeu offensif, pourtant en éveil avec sept aces, n'a jamais trouvé d'appui suffisant. Les 58 % de premières balles réussies n'auront pas suffi à peser sur des échanges largement dominés.
Depuis les tribunes, on sentait une joueuse qui cherchait ses repères sans jamais les trouver dans ce match. Son service, pourtant arme réelle au regard des aces comptabilisés, ne lui a pas ouvert les portes attendues sur le dur californien.
Un parcours marqué par des victoires retentissantes
Cette défaite n'efface pas ce qu'Eala a accompli dans le tableau. Avant ce revers, la Philippine avait signé une victoire contre Jasmine Paolini à Dubaï début mars, sur le score de 6-1, 7-6(5). Elle avait également battu Coco Gauff lors de ce même tournoi d'Indian Wells — même si la numéro 4 mondiale avait dû abandonner en début de deuxième set sur blessure au bras gauche, Gauff confiant plus tard que la sensation était « comme si son bras était en feu ».
À cela s'ajoutent des victoires passées contre Iga Swiatek à Miami et Madison Keys, également à Miami. Quatre succès contre des joueuses du top 10 au compteur — une donnée qui ne passe pas inaperçue dans le milieu.
Rusedski dresse un portrait flatteur
C'est dans ce contexte que Greg Rusedski a pris la parole sur son podcast pour évoquer la trajectoire d'Eala. L'ancien joueur britannique n'a pas ménagé ses éloges, soulignant notamment la qualité du jeu de jambes et l'intelligence tactique de la gauchère.
« Une bonne gauchère, des déplacements exceptionnels, une combattante hors pair. [...] J'aime sa façon de penser tactiquement ; elle est très lucide sur le court. Elle est authentique. Je pense qu'elle va intégrer le top 10. »
Rusedski a également relevé ce qu'il perçoit comme une montée en puissance physique progressive : la joueuse, a-t-il estimé, entre peu à peu dans son corps et gagne en puissance de frappe. Ces observations restent les siennes — mais elles viennent d'un observateur qui a lui-même évolué au plus haut niveau.
Une irrégularité à corriger, un potentiel reconnu
Le point de vigilance soulevé par plusieurs observateurs, article source compris, porte sur la régularité. Eala présente encore des variations de niveau importantes d'un match à l'autre — une défaite 6-2, 6-0 contre Noskova en huitièmes à Indian Wells, après une victoire 7-5, 4-6, 7-5 contre Yastremska au tour précédent. L'écart entre ses meilleurs matchs et ses moins bons reste un chantier ouvert.
À 20 ans et classée 31e mondiale, Eala aura rapidement l'occasion de se repositionner. Le Miami Open, qui débute dans les prochains jours, constitue la prochaine étape sur le calendrier WTA. Un tournoi sur surface dure, où elle a déjà montré par le passé qu'elle pouvait rivaliser avec l'élite.




