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Badosa répond à ses détracteurs après son abandon à Dubai

Paula Badosa a répondu aux critiques après son abandon face à Svitolina au WTA 1000 de Dubai, rappelant la réalité de sa blessure chronique au dos diagnostiquée en 2024.

Lena Kovac
18 février 2026
4 min
Badosa répond à ses détracteurs après son abandon à Dubai

Paula Badosa a vivement répondu aux critiques après son abandon au deuxième tour du WTA 1000 de Dubai, mardi. L'Espagnole, 64e mondiale, qui souffre d'une blessure chronique au dos, a pris la parole sur les réseaux sociaux pour défendre sa décision et rappeler la réalité quotidienne d'une athlète confrontée à la douleur permanente.

Un match interrompu face à Svitolina

Mardi à Dubai, Paula Badosa affrontait Elina Svitolina, 9e mondiale, au deuxième tour. L'Espagnole avait pris un départ solide, menant 4-1 dans le premier set. Son revers, frappé avec conviction et profondeur dans les premiers jeux, posait des problèmes à l'Ukrainienne sur le dur de Dubai.

Puis le corps lâcha. Cinq jeux consécutifs pour Svitolina, et Badosa vit son niveau s'effondrer en même temps que ses sensations physiques. L'Espagnole dut appeler le soigneur. Après un temps mort médical et un échange avec le kinésithérapeute, elle prit la décision de ne pas poursuivre la rencontre.

Ce scénario n'avait rien d'inédit. La semaine précédente, Badosa avait déjà déclaré forfait pour le tournoi de Doha, sans même pouvoir fouler le court. Seul son premier tour à Dubai, une victoire contre Katerina Siniakova 6-3 7-5, lui avait offert un court répit compétitif avant cette nouvelle interruption.

Une blessure chronique depuis mi-2023

Le contexte est important pour comprendre la situation de Badosa. Au milieu de l'année 2023, l'Espagnole se blessa au dos. Le diagnostic, posé début 2024, tomba comme un couperet : blessure chronique. Les médecins lui conseillèrent alors de mettre un terme à sa carrière. Elle refusa.

En 2025, Badosa réussit un bon début de saison. Mais les douleurs ne tardèrent pas à revenir, et l'Espagnole ne disputa que 10 tournois sur le reste de l'année. Chaque retour sur le circuit s'apparente depuis à un pari : le corps suivra-t-il cette semaine-là ? Les jours qui précèdent chaque tournoi sont une loterie, où le moindre faux mouvement peut compromettre des semaines de préparation.

À 28 ans, Badosa se retrouve dans une situation que peu de joueuses ont connue à ce stade de leur carrière. Continuer à jouer en sachant que chaque match peut être interrompu par la douleur. Accepter les critiques extérieures tout en gérant l'incertitude permanente de son propre corps.

Une réponse sans détour sur les réseaux sociaux

Après l'abandon face à Svitolina, un internaute qualifia Badosa de « manque de respect envers le tennis », critiquant ses abandons et forfaits à répétition. L'Espagnole ne laissa pas passer le commentaire. Sa réponse, publiée sur les réseaux sociaux, fut directe et sans concession.

"Vous ne savez pas ce que c'est de vivre avec une blessure chronique et de choisir quand même de continuer. [...] Je suis la première à souffrir, à avoir des cauchemars en cherchant des solutions chaque jour."

Badosa développa longuement son propos, expliquant qu'elle cherchait des solutions au quotidien et que chaque entrée sur un court de tennis représentait une victoire en soi. Elle affirma qu'elle ne prendrait pas sa retraite tant qu'il resterait « ne serait-ce qu'1 % de chance de continuer ». Le message se conclut par une adresse directe au critique : « Si ça ne vous plaît pas, vous n'êtes pas obligé de me suivre. Changez de chaîne. »

Le ton, inhabituel chez Badosa, trahissait une lassitude face à des remarques qui ignorent la réalité de sa condition médicale. Derrière chaque abandon, il y a des semaines de travail pour tenter de revenir, des séances de kinésithérapie, des ajustements de programme, et la frustration de voir un match prometteur s'achever prématurément.

Un avenir suspendu à la gestion de la douleur

Le classement de Badosa, retombé au 64e rang mondial, reflète une saison 2025 hachée par les pépins physiques et un début 2026 dans la même veine. Depuis les tribunes, on sentait mardi toute la frustration de l'Espagnole. Mener 4-1 contre une joueuse du top 10 et voir son corps refuser de suivre résume le dilemme permanent auquel elle fait face.

La question qui se pose désormais est celle du calendrier. Après Doha (forfait) et Dubai (abandon), Badosa devra cibler ses prochains engagements avec la plus grande précaution. La saison sur dur se poursuit avec les tournois américains en mars, mais l'Espagnole devra d'abord s'assurer que son dos lui permet de tenir la distance d'un match complet. Chaque semaine de repos est une semaine de points non défendus, mais aussi une semaine de récupération potentielle. L'équilibre est fragile, et Badosa le sait mieux que quiconque.

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