Interview

Tsitsipas : « L'Amérique du Sud ne m'a jamais proposé assez »

Dans un entretien au magazine CLAY, Stefanos Tsitsipas a expliqué sans détour pourquoi il n'a jamais disputé le Golden Swing : les tournois du Moyen-Orient proposent des cachets bien supérieurs à ceux de l'Amérique du Sud.

Julien Doucet
6 mars 2026
3 min
Tsitsipas : « L'Amérique du Sud ne m'a jamais proposé assez »

Dans un entretien accordé au magazine CLAY, Stefanos Tsitsipas a expliqué sans détour pourquoi il n'a jamais participé au Golden Swing sud-américain, malgré une prédilection affichée pour la terre battue. La raison est financière : le Moyen-Orient et l'Europe proposent des cachets que l'Amérique du Sud ne peut tout simplement pas concurrencer.

Un choix assumé, une logique économique

La question lui a été posée directement : Buenos Aires, Rio de Janeiro, Santiago — trois tournois qu'il n'a jamais disputés. La réponse du Grec, actuellement 30e mondial, est sans ambiguïté.

« L'Amérique du Sud ne m'a jamais proposé un deal suffisant pour le prendre vraiment en considération. Le Moyen-Orient a toujours été bien meilleur en termes de cachets. Le circuit européen a aussi offert de solides incitations financières. Ça fait une différence. »

Le constat est froid mais cohérent avec la réalité du circuit. Les tournois de Doha et Dubai, que le Grec dispute traditionnellement après Rotterdam, offrent des cachets d'apparition nettement supérieurs à ceux des ATP 500 sud-américains. À ce niveau, la marge est infime entre les budgets des tournois, et les écarts de rémunération orientent concrètement les calendriers.

Le regret existe, la passion ne suffit pas

Le Grec ne ferme pas complètement la porte. Il reconnaît une forme de renoncement, et l'attrait culturel du continent ne lui est pas indifférent.

« Il y a cette passion en Amérique du Sud que je mets parfois de côté, mais quand l'écart financier est important, on n'a vraiment pas d'autre choix que d'aller là où ça soutient ta carrière. »

Il ajoutait avoir toujours rêvé de visiter l'Amérique du Sud et avoir entendu « des choses merveilleuses » à son sujet. Ce choix tactique est clair dans sa formulation : ce n'est pas un désintérêt pour la terre battue sud-américaine, c'est une priorisation économique assumée. Entre 2021 et 2024, il fit trois apparitions à Acapulco, qui constitue une exception notable — le Mexique ayant visiblement consenti à un accord plus attractif.

Un début de saison 2026 à oublier

La révélation de ces coulisses économiques intervient dans un contexte sportif difficile. Éliminé dès le deuxième tour de l'Open d'Australie, Tsitsipas ne parvint pas à redresser la situation en février. Une défaite en huitièmes à Rotterdam, un quart de finale à Doha, puis une sortie au premier tour à Dubai — où il défendait son titre — ont alourdi son bilan.

La perte des points liés à ce titre à Dubai entraîne une conséquence classement significative : le Grec est annoncé en dehors du top 40 pour la première fois depuis près de huit ans. C'est un aspect souvent sous-estimé dans la gestion de calendrier : défendre un titre implique des points à protéger, et l'échec précoce coûte doublement.

Ses cinq derniers matchs recensés montrent des défaites contre Opelka, Shapovalov (6-2, 3-6, 6-4) et Humbert (6-4, 7-5), sans victoire comptabilisée sur cette période.

Indian Wells et Miami comme horizon immédiat

Le Sunshine Double — Indian Wells puis Miami — représente désormais l'échéance la plus proche pour Tsitsipas. Ces deux Masters 1000 offrent un volume de points substantiel, indispensable pour enrayer la chute au classement. Sans résultats solides en Floride et en Californie, un retour dans le top 30 avant la saison de terre battue européenne s'annonce compliqué. C'est sur cette surface, où il a réalisé ses meilleures performances, que l'enjeu de son printemps se jouera vraiment.

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