Stefanos Tsitsipas a vécu un nouveau revers à Monte-Carlo, éliminé dès le premier tour par Francisco Cerundolo sur le score de 5-7, 4-6, le 6 avril 2026. L'élimination est d'autant plus lourde à porter que le Grec y a remporté le titre à trois reprises. Arnaud Clément, consultant pour Eurosport France, n'a pas mâché ses mots.
Monte-Carlo, le mirage d'un tournoi refuge
La logique voulait que Monte-Carlo soit l'endroit idéal pour relancer la machine. Trois fois vainqueur dans la Principauté, Stefanos Tsitsipas abordait le tournoi avec un bilan de onze victoires et sept défaites sur l'année, et une réputation de joueur capable de hausser son niveau sur cette terre battue précisément. C'était le scénario. Il n'a pas eu lieu.
Cerundolo a réglé l'affaire en deux sets, sans trembler. Les stats du match racontent une histoire claire : Tsitsipas n'a mis en jeu sa première balle qu'à 49 %, contre 65 % pour son adversaire. Sur les balles de break, il n'en a converti que 4 %, quand Cerundolo en transformait 6 %. Voir le détail du match. Pas de quoi peser dans une rencontre à ce niveau.
Des points qui s'envolent, un classement en chute libre
La défaite au premier tour a une conséquence directe et immédiate : Tsitsipas ne défend pas les points engrangés l'an dernier, où il avait atteint les quarts de finale à Monte-Carlo. Résultat, il doit s'attendre à glisser vers la 66e place mondiale lundi, contre le 48e rang actuel.
C'est là que ça se joue vraiment. Le classement n'est pas qu'un chiffre symbolique — il conditionne les tableaux, les qualifications directes, la tête de série. Descendre sous le top 60 change concrètement la vie d'un joueur sur le circuit. La question qui se pose maintenant est de savoir jusqu'où le recul peut aller dans les semaines à venir.
Clément : « Un vrai travail de fond à faire »
Sur le plateau d'Eurosport France, Arnaud Clément n'a pas cherché à relativiser. L'ancien joueur, lui-même passé par les exigences du circuit ATP, a posé les mots sur ce que beaucoup pensaient tout bas.
« Ce qui frappe, c'est l'incapacité de Stefanos à retrouver son niveau. On se disait : n'est-ce pas là qu'il va le retrouver, lui qui a si bien performé ici même dans les moments difficiles ? [...] Mais non. Il y a sans aucun doute un vrai travail de fond à faire pour Stefanos Tsitsipas. »
Le diagnostic de Clément est sans ambiguïté : ce n'est pas une mauvaise journée isolée. La qualité du match à Monte-Carlo, qu'il a qualifiée de « décevante et parfois désastreuse », interroge sur quelque chose de plus profond. Pas une question de surface, pas une question d'adversaire — une question de fond.
Munich comme test immédiat
Le calendrier ne pardonne pas. Tsitsipas enchaîne dès la semaine prochaine avec le tournoi de Munich, sur terre battue également. Il y affrontera d'entrée le Hongrois Fabian Marozsan au premier tour. Un match qui aura valeur d'indicateur : après l'élimination précoce à Monte-Carlo et un revers sévère face à Arthur Fils (6-0, 6-1) plus tôt cette saison, chaque sortie compte désormais dans la reconstruction d'un classement fragilisé.
Avec une chute annoncée vers le 66e rang, Tsitsipas joue à Munich sans filet. Les points à engranger deviennent urgents, et le tableau de Munich sera scruté de près pour voir si le Grec parvient enfin à enchaîner.




