Interview

Zverev sur sa défaite : "À 5-4, je n'avais plus rien"

Sorti en demi-finale de l'Open d'Australie 2026 au terme d'un match à cinq sets, Alexander Zverev a expliqué sa défaite par l'épuisement physique. Il fait son retour à l'Open du Mexique cette semaine.

Lena Kovac
23 février 2026
3 min
Zverev sur sa défaite : "À 5-4, je n'avais plus rien"

Sorti en demi-finale de l'Australian Open 2026 après un match à cinq sets contre Carlos Alcaraz, Alexander Zverev a rompu le silence. Dans un entretien accordé à Tennis TV, l'Allemand a désigné la fatigue comme le facteur décisif de son élimination — et annoncé sa présence à l'Open du Mexique à Acapulco cette semaine.

Un match à cinq sets, une explication nette

Les chiffres bruts du score — 6-4, 7-6(5), 6-7(3), 6-7(4), 7-5 — ne disent pas tout. Zverev mena 5-4 dans le cinquième set, à deux jeux du billet pour la finale. Il ne l'emporta pas. L'explication qu'il livra est sans fard : c'est le corps qui lâcha, pas la tête.

"Je n'ai pas pu gagner ce match parce que j'étais épuisé à la fin, pour être très honnête. À 5-4, je n'avais plus rien. Il y avait quelques points [...] où j'aurais dû frapper le coup droit un peu plus tôt, le revers un peu plus tôt — mais pour ça, il faut se déplacer sur ces balles, et je n'y arrivais plus."

Ce détail technique est révélateur. Zverev ne parle pas d'erreurs de choix ou de nervosité : il pointe l'incapacité physique à se positionner correctement, ce relâchement musculaire qui transforme des coups normalement ordinaires en opportunités manquées. Sur dur, à ce niveau, une demi-seconde de retard sur les appuis, c'est déjà trop tard.

Une demi-finale qui valide pourtant une trajectoire

Malgré l'élimination, Alexander Zverev retient l'essentiel : il était au niveau pour disputer la finale du premier Grand Chelem de l'année. Tenant d'un bilan de 526 victoires pour 225 défaites en carrière, il avait enchaîné des victoires convaincantes avant d'affronter Carlos Alcaraz, notamment deux succès sur Cerundolo et un contre Tien.

Le numéro 4 mondial estime avoir joué "de la bonne façon" tout au long du tournoi. C'est une nuance importante : la défaite ne remet pas en cause son niveau de jeu, elle met en lumière un problème de gestion de l'effort sur une quinzaine de deux semaines. Un sujet de travail précis, pas une remise à plat.

Il faut rappeler que face à Alcaraz, le bilan en confrontations directe penche côté espagnol : 7 victoires à 6. Le dernier duel avant l'Open d'Australie s'était conclu en faveur du numéro 1 mondial à Cincinnati en 2025, Zverev ayant de son côté remporté leur confrontation aux Masters de fin d'année 2024. La marge est étroite, mais elle existe.

Presque un mois loin des courts, retour à Acapulco

Depuis Melbourne, Zverev s'est accordé une pause. Près d'un mois sans compétition avant de s'aligner cette semaine au Mexique. C'est un choix qui s'explique — récupérer après un tournoi aussi éprouvant physiquement — mais qui implique une remise en route rapide sur un tournoi à haute intensité.

L'Open du Mexique d'Acapulco, disputé sur dur en extérieur, convient bien à son profil. Avec 67 % de premières balles en jeu et 8,6 aces de moyenne par match, l'Allemand dispose des armes pour peser d'emblée dans les échanges. Le service sera son premier indicateur de forme.

Depuis les tribunes, ce que l'on surveille chez Zverev après un arrêt, c'est précisément ça : la fluidité dans les appuis, la capacité à charger tôt sur le coup droit. Deux choses qu'il dit lui avoir manqué au moment crucial à Melbourne.

Moutet en ouverture, la semaine comme test

Son premier adversaire à Acapulco sera le Français Corentin Moutet. Un match qui servira avant tout d'étalon : où en est Zverev physiquement, comment réagit-il après une longue pause, est-il capable d'enchaîner sans les signes de fatigue qui l'ont pénalisé en janvier ?

La suite de la saison sur terre battue — surface où il affiche un bilan de 157 victoires pour 58 défaites — s'annonce comme son terrain de prédilection. Mais pour l'heure, c'est à Acapulco que tout se joue. Un premier titre en 2026 lui permettrait de confirmer que la demi-finale australienne n'était pas un accident, mais bien le point de départ d'une saison construite pour durer.

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