Absent des courts depuis sa demi-finale de l'Open d'Australie, Alexander Zverev a profité de cette période pour retravailler en profondeur son jeu. Le numéro 4 mondial a révélé, à l'occasion d'un entretien avec Tennis TV avant le tournoi d'Acapulco, qu'il cherchait à adopter un style de jeu sensiblement différent de celui pratiqué la saison dernière.
Un break post-Open d'Australie mis à profit
67 % de premières balles réussies en carrière, 8,6 aces par match en moyenne : les statistiques de Alexander Zverev décrivent un joueur solide, capable de s'appuyer sur une base de service fiable. Mais c'est précisément au-delà de ces données que l'Allemand cherche désormais à progresser.
Après l'élimination en demi-finale de Melbourne face à Carlos Alcaraz — un match âpre conclu 6-4, 7-6(5), 6-7(3), 6-7(4), 7-5 en faveur de l'Espagnol — Zverev a choisi de ne disputer aucune rencontre. Plutôt qu'enchaîner les tournois, il a préféré s'isoler à l'entraînement pour poser les bases d'une nouvelle approche tactique.
Un jeu plus agressif, une philosophie nouvelle
Ce que Zverev décrit n'est pas un simple ajustement technique. C'est un changement de logique : frapper plus fort, monter davantage au filet, et chercher le point décisif plutôt que de s'installer dans les échanges. En conférence de presse, l'Allemand l'a formulé sans détour.
"Je veux juste continuer à jouer d'une certaine façon [...] c'est pour moi un style très différent, un jeu très différent de l'an dernier. J'essaie juste de nouvelles choses."
Cette volonté de prendre la raquette des mains de l'adversaire, plutôt que de patienter dans les échanges, représente une évolution notable pour un joueur qui a longtemps bâti ses succès sur l'endurance et la régularité depuis le fond de court.
En regardant de plus près son bilan sur surface dure — 282 victoires pour 133 défaites —, on comprend que Zverev dispose déjà d'une base solide sur ce type de revêtement. L'enjeu est désormais de savoir si un jeu plus offensif lui permettra de franchir un cap dans les tournois majeurs.
Une adaptation qui demande du temps
Zverev lui-même tempère les attentes. Il insiste sur la patience nécessaire à cette transition et refuse de se projeter sur des résultats immédiats. Pour lui, les semaines à venir serviront avant tout à tester, ajuster, mesurer les effets de ces changements dans des conditions de match réelles.
Sa forme récente laisse planer quelques interrogations. Avant Melbourne, il avait dominé Cerundolo (6-2, 6-4, 6-4) et Tien (6-3, 6-7(5), 6-1, 7-6(3)), avant de s'incliner face à Alcaraz dans un match à cinq sets. Depuis son retour à la compétition, il a cédé deux fois de suite face à Moutet. Ce que le score ne dit pas, c'est si ces défaites relèvent d'un passage à vide classique en période de transition ou d'un style encore trop incomplet pour être efficace sous pression.
À 28 ans et fort de 25 titres en carrière, Zverev n'est pas dans une démarche de reconstruction. Il cherche un palier supplémentaire. Le pari est risqué mais délibéré.
Acapulco comme premier test grandeur nature
C'est au Mexique que le bilan de cet hiver d'entraînement se mesurera concrètement. Arrivé à Acapulco dès lundi pour se préparer dans les meilleures conditions, Zverev aborde l'ATP 500 mexicain avec un objectif clair : valider ses ajustements en situation de compétition. Le tournoi, disputé sur surface dure, offre un contexte idéal pour tester un jeu plus offensif. La suite du calendrier — notamment la saison de terre battue qui approche, surface sur laquelle il affiche un bilan de 157 victoires pour 58 défaites — dira si cette nouvelle approche est transposable à d'autres conditions.




