En marge de son deuxième tour au Miami Open, Jannik Sinner a été interrogé sur la jeune Autrichienne Lilli Tagger, 18 ans, considérée comme l'un des plus grands espoirs du tennis féminin. Le numéro 2 mondial, qui venait de disposer de Damir Dzumhur sur le score de 6-3, 6-3, n'a pas ménagé ses éloges à son égard.
Un succès express avant la conférence de presse
9 aces, 64 % de premières balles et un taux de conversion sur balles de break qui n'a pas eu à s'exprimer face à un adversaire incapable de créer la moindre opportunité : Jannik Sinner a réglé l'affaire en deux sets nets contre Damir Dzumhur (voir le détail du match). L'Italien n'a concédé aucune balle de break sur toute la rencontre.
Dzumhur, classé 60e mondial, n'a pas su créer la moindre opportunité malgré 65 % de premières balles en jeu. Le Bosnien a terminé la partie sans avoir converti la moindre occasion, un indicateur qui résume à lui seul l'imperméabilité de Sinner dans ce match.
Tagger dans le viseur de Sinner
C'est en conférence de presse que l'échange a pris une autre dimension. Interrogé sur Lilli Tagger, l'Italien a confirmé la connaître et n'a pas hésité à mettre en avant ce qu'il perçoit comme ses atouts principaux. La passion d'abord, le talent ensuite — tels sont les piliers de sa progression selon l'Italien.
« Je la connais très bien. C'est une joueuse très talentueuse. Très talentueuse. Elle aime jouer au tennis. On voit la passion. Je pense que c'est la principale chose qu'un joueur doit avoir. »
Sinner a également évoqué un point commun avec la jeune Autrichienne : leur passé dans les sports d'hiver. Pour lui, cette expérience a forgé sa résistance mentale plutôt que d'apporter un avantage physique sur le court.
« Le ski vous apprend mentalement. En ski, vous pouvez vous blesser. Au tennis, vous jouez et au pire vous perdez un match. C'est très différent. »
Un processus à ne pas brusquer
Sinner a tenu à relativiser les attentes qui pèsent sur les épaules de la jeune femme. À 18 ans, Tagger en est encore à définir son style de jeu, et l'Italien estime que ce cheminement est non seulement normal, mais nécessaire. Se retrouver à Indian Wells et à Miami pour observer le niveau des meilleures constitue en soi une expérience précieuse.
Ce regard bienveillant intervient alors que Tagger fait l'objet de comparaisons ambitieuses. Le podcasteur Roddy Reynolds a établi un parallèle avec Carlos Alcaraz. L'équipe de Tagger, composée notamment de l'ancienne championne de Roland-Garros Francesca Schiavone et de Juan Carlos Ferrero, a contribué à cette comparaison. L'année passée, Tagger était devenue la première Autrichienne à remporter le titre junior à Roland-Garros.
En marge du tournoi, Tagger a pour sa part été éliminée au deuxième tour par Ekaterina Alexandrova sur le score de 6-3, 6-3. Un résultat qui, en perspective, n'enlève rien au capital confiance accumulé au contact de l'élite mondiale.
Moutet en ligne de mire
Sinner, lui, avance au troisième tour. Son prochain adversaire sera le Français Corentin Moutet, 35e mondial et gaucher au jeu atypique. Moutet s'était imposé au tour précédent face à Jiří Macháč (6-0, 1-6, 6-4). Face à Sinner, le Français représentera un profil bien différent de Dzumhur, susceptible de perturber les échanges par sa créativité.




