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Sinner à Monte-Carlo : un choix stratégique assumé

Vainqueur à Miami le 29 mars, Jannik Sinner a choisi d'enchaîner directement à Monte-Carlo. Un choix stratégique assumé : s'adapter à la terre battue avant Roland-Garros, sans pression de points à défendre.

Adam Hartley
3 avril 2026
3 min
Sinner à Monte-Carlo : un choix stratégique assumé

Jannik Sinner sera bien au départ du Monte-Carlo Rolex Masters cette année. Après avoir remporté les titres d'Indian Wells et de Miami — ce dernier décroché le 29 mars sur le score de 6-4, 6-4 — le numéro 2 mondial a choisi de ne pas souffler et d'enchaîner directement sur terre battue dans la Principauté.

Pourquoi Monte-Carlo plutôt que la récupération ?

Jannik Sinner aurait pu s'accorder une pause. Après deux titres consécutifs sur dur, dont une finale à Miami conclue en deux sets — 10 aces, 65 % de premières balles — le choix de jouer Monte-Carlo ne s'imposait pas de lui-même. Et pourtant.

La décision est clairement assumée : il s'agit d'accumuler du temps de jeu sur terre battue. Son jeu, davantage taillé pour le dur, a besoin d'adaptation. Paolo Bertolucci, ancienne figure du circuit ATP reconvertie dans le commentaire, l'a expliqué dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport : « Jannik a choisi de jouer dans la Principauté pour commencer à s'habituer à cette surface. Son jeu est plus adapté aux courts durs, mais il n'y a plus de spécialistes comme avant — il faut être compétitif partout. »

C'est là que ça se joue : Monte-Carlo n'est pas un tournoi à gagner absolument pour Sinner, c'est un outil de préparation. Un choix rare à ce niveau, mais cohérent dans le calendrier de quelqu'un qui vise la terre battue sur la durée.

Un passif à Monte-Carlo, une absence à effacer

L'Italien n'a pas les meilleurs souvenirs dans la Principauté. Son meilleur résultat dans ce tournoi reste une demi-finale, qu'il n'a jamais dépassée. En 2023, Holger Rune l'avait stoppé net. L'année suivante, Stefanos Tsitsipas l'avait éliminé dans un match perturbé par une erreur arbitrale contestée de la chaise.

En 2025, Sinner n'avait pu participer à ce tournoi en raison d'une suspension. Cette année, il revient donc sans points à défendre sur ce tableau, ce qui allège considérablement la pression liée au classement. Une marge de manœuvre rare, qui lui permet de jouer libéré.

Le double pour gratter des sensations

Autre signal fort : Sinner disputera également le tableau de double aux côtés du Belge Zizou Bergs. Ce n'est pas un détail. Jouer le double sur terre battue, c'est multiplier le temps de jeu sur la surface, accélérer l'adaptation aux rebonds, retrouver des automatismes au filet dans des conditions spécifiques.

Peu de joueurs de son rang font ce choix en cours de saison. Cela confirme que Monte-Carlo est pensé, dans l'esprit de l'équipe Sinner, comme un tremplin vers la saison sur terre, pas comme un objectif en soi.

La course au classement, en toile de fond

Il serait naïf d'ignorer l'autre enjeu : le classement ATP. Grâce à ses succès à Indian Wells et Miami, Sinner s'est rapproché de Carlos Alcaraz au sommet de la hiérarchie. Selon les données disponibles, un bon résultat à Monte-Carlo pourrait lui permettre de dépasser l'Espagnol.

Mais ce n'est pas ce qui semble guider la décision. Jouer le double, ne pas surcharger sa préparation physique, s'apprivoiser la surface — ce sont des signaux qui pointent vers Roland-Garros, pas vers le classement de la semaine prochaine. La question qui se pose maintenant est simple : combien de matchs lui faudra-t-il sur terre pour trouver ses marques ?

Son premier match à Monte-Carlo permettra d'avoir une première réponse concrète. La finale de Miami — remportée 6-4, 6-4 avec une maîtrise totale — reste son dernier repère sur dur. Le passage sur ocre sera le vrai test de cette semaine. La suite du calendrier sur terre battue, avec Barcelone, Madrid et Rome avant Paris, laisse peu de place à l'improvisation.

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