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Sinner et l'Italie absente du Mondial : « J'aurais fait cet échange »

Vainqueur à Miami face à Lehecka, Jannik Sinner a réagi à l'élimination de l'Italie des qualifications pour la Coupe du monde 2026, déclarant qu'il aurait troqué un titre ATP contre la qualification de la Squadra Azzurra.

Julien Doucet
5 avril 2026
3 min
Sinner et l'Italie absente du Mondial : « J'aurais fait cet échange »

Vainqueur du tournoi de Miami face à Jiri Lehecka (6-4, 6-4) le 29 mars, Jannik Sinner n'a pas tardé à détourner son regard du tennis. La défaite de la Squadra Azzurra contre la Bosnie-Herzégovine, synonyme d'élimination des qualifications pour la Coupe du monde 2026, a visiblement pesé sur le numéro 2 mondial, qui a pris la parole à ce sujet en marge du Masters de Monte-Carlo.

Une victoire à Miami, un regard tourné vers Rome

Jannik Sinner venait à peine de soulever le trophée à Miami qu'il évoquait déjà le match décisif entre l'Italie et la Bosnie-Herzégovine. Dans son discours d'après-finale, le joueur s'écria « Viva l'Italia », expression d'un attachement à son pays qui dépasse clairement le seul cadre du tennis.

Avant le coup d'envoi de ce match de barrage, il avait affiché un optimisme prudent, déclarant vouloir soutenir sa sélection et rappelant les enjeux de la rencontre. La suite fut moins heureuse : la Bosnie-Herzégovine s'imposa, portée par son public, privant l'Italie d'une troisième Coupe du monde consécutive.

« J'aurais fait cet échange » : la déclaration qui tranche

C'est lors de sa conférence de presse à Monte-Carlo que Sinner fut interrogé directement sur l'élimination italienne. La question posée était directe : accepterait-il d'échanger un titre ATP contre la qualification de l'Italie ? Sa réponse ne laissa guère de place au doute.

« Évidemment, c'est dur. Si vous me posez la question, j'aurais adoré faire cet échange, pour une raison simple : beaucoup de jeunes n'ont jamais vu l'Italie à une Coupe du monde. Moi non plus, parce qu'à l'époque j'étais trop jeune pour suivre ça. Maintenant on a du temps pour changer les choses et revenir là où on mérite d'être. Mais là, on ne peut plus rien changer. »

Ce qui frappe dans cette déclaration, c'est son absence de calcul. Sinner ne cherche pas à ménager sa propre image de champion. Il assume une position tranchée, celle d'un sportif qui place le collectif au-dessus de son palmarès individuel — même si la formule reste avant tout symbolique.

Un lien personnel avec la Bosnie-Herzégovine

La situation prend une dimension supplémentaire quand on sait que la compagne de Sinner, Laila Hasanovic, est d'origine bosnienne. Née à Srebrenica et élevée au Danemark, la jeune femme, connue comme mannequin et influenceuse, est devenue publiquement la petite amie du joueur depuis qu'il l'a remerciée dans son discours de victoire à Vienne.

Ce contexte personnel ne change rien à la sincérité du propos de Sinner sur l'élimination italienne, mais il illustre la complexité humaine de cette situation : voir s'affronter deux pays liés à sa vie personnelle et professionnelle n'a rien d'anodin.

Monte-Carlo comme suite logique

Sur le plan tennistique, la finale de Miami mérite qu'on s'y arrête. Face à Lehecka, Sinner remporta le match en deux sets nets (6-4, 6-4), en servant avec efficacité — 10 aces, 65 % de premières balles. Son adversaire n'a converti aucune balle de break sur l'ensemble de la partie, tandis que Sinner a capitalisé sur 2 % des siennes, ce qui s'avéra suffisant dans un match aussi verrouillé.

Tête de série numéro 2 à Monte-Carlo, le joueur italien est exempté de premier tour. Il fera son entrée en lice au deuxième tour, où il affrontera le vainqueur du match entre Ugo Humbert et Moise Kouame. La terre battue monégasque constitue un tout autre défi que le dur américain, et la transition de surface sera l'un des premiers indicateurs à observer pour juger de sa préparation sur terre.

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