Actualités

Ljubicic tranche sur le débat GOAT entre Federer et Djokovic

Ivan Ljubicic, ancien entraîneur de Roger Federer, revient sur ses affrontements contre le Big Three et livre sa vision du débat GOAT — sans trancher, mais avec des mots qui penchent clairement d'un côté.

Julien Doucet
24 février 2026
3 min
Ljubicic tranche sur le débat GOAT entre Federer et Djokovic

L'ancien entraîneur de Roger Federer, Ivan Ljubicic, a livré son regard sur le débat du GOAT lors de l'émission Off Court with Greg. Le Croate, qui a affronté chacun des membres du Big Three en carrière, refuse de trancher clairement — mais ses mots sur l'impact de Federer sur le tennis sont sans ambiguïté.

Trois adversaires, trois vécus différents

Ljubicic a une position rare dans ce débat : il a joué contre Federer, Nadal et Djokovic, et garde un souvenir précis de ce que chacun lui imposait tactiquement. Face à Nadal, il se souvient d'un paradoxe : une domination évidente du résultat, mais jamais un sentiment d'impuissance totale.

« Contre Rafa, j'avais le sentiment d'avoir du temps. [...] Je ne me suis jamais dit que c'était impossible. »

Une marge psychologique que le service de Ljubicic lui permettait de maintenir : Nadal ne servant pas fort, les échanges s'engageaient, et le Croate trouvait des fenêtres pour construire le point. Un confort relatif, donc, malgré un bilan clairement défavorable.

Federer, l'adversaire insaisissable

Avec Roger Federer, le schéma était différent. Ljubicic évoque quatre confrontations en trois mois début 2005 — les finales de Doha, Rotterdam et Miami — sans jamais trouver deux fois le même match en face de lui. Ce que le Croate décrit, c'est la capacité du Suisse à reconfigurer son jeu d'une semaine à l'autre, rendant toute préparation caduque.

C'est un aspect souvent sous-estimé chez Federer : sa polyvalence tactique n'était pas seulement un atout offensif, c'était aussi un outil de déstabilisation psychologique. L'adversaire ne pouvait jamais s'appuyer sur un schéma connu.

Djokovic, l'adversaire le plus difficile

C'est pourtant Novak Djokovic que Ljubicic identifie comme l'adversaire le plus difficile à manœuvrer. Le choix tactique est clair pour comprendre pourquoi : le Serbe neutralisait précisément ce qui faisait la force du Croate — son service.

« Avec Novak, avoir un gros service et compter sur beaucoup de points gratuits au service, c'était simplement impossible. »

Ce que décrit Ljubicic, c'est une forme de pressing en retour : Djokovic ne subissait pas, il réintégrait d'emblée l'échange dans son propre rythme. Pour un joueur dont la stratégie reposait sur le service comme point d'appui, c'était une impasse tactique. Aucun point gratuit, aucun temps de souffler.

Le GOAT : victoires ou impact ?

Sur la question du meilleur de tous les temps, Ljubicic esquive toute réponse définitive — et c'est honnête, venant d'un homme qui a travaillé des années avec Federer. Il reconnaît volontiers que Djokovic est celui qui a remporté le plus de titres, avec 103 au compteur, un bilan de 1199 victoires pour 241 défaites en carrière. Difficile d'ignorer ces chiffres dans le débat.

Mais l'ancien entraîneur déplace le curseur vers une autre mesure : l'impact sur le jeu lui-même. Pour lui, ce que Federer — et Nadal à sa manière — ont apporté à la culture tennistique dépasse peut-être ce que les statistiques racontent.

Ce n'est pas un argument qui clôt le débat. C'est plutôt une invitation à le poser autrement : que mesure-t-on, exactement, quand on parle de « plus grand » ? À ce niveau, la marge est infime entre des trajectoires qui n'ont tout simplement pas été construites selon les mêmes logiques.

Djokovic, 38 ans et toujours troisième mondial, a montré à l'Open d'Australie qu'il pouvait encore battre Jannik Sinner en cinq sets avant de s'incliner face à Carlos Alcaraz en demi-finale. La suite de sa saison, et les tournois du Grand Chelem à venir — Roland-Garros en mai, Wimbledon en juillet — diront si le Serbe peut encore ajouter un chapitre à un palmarès que même ses détracteurs peinent à ignorer.

Commentaires

0/2000
Chargement...