Interview

Sabalenka évite le piège de Madrid : l’alimentation d’abord

Aryna Sabalenka a expliqué comment elle a évité le “scénario tacos” et a conservé la même routine alimentaire au Madrid Open. Un choix de gestion face à une inquiétude sanitaire.

Adam Hartley
28 avril 2026
4 min
Sabalenka évite le piège de Madrid : l’alimentation d’abord

Aryna Sabalenka a expliqué comment elle a traversé la tempête sanitaire autour du Madrid Open, en restant très stricte sur son alimentation. Dans un tournoi marqué par des retraits et des incidents digestifs, la n°1 a mis en avant une routine inchangée, au moment même où les rumeurs sur la cause des maux circulaient. Aryna Sabalenka

Le Madrid Open a créé un climat anxiogène : plusieurs joueuses et joueurs ont été contraints de déclarer forfait, tandis que des troubles digestifs ont aussi touché le déroulement de certains matches. Le sujet est devenu collectif, au-delà du jeu, avec une question simple pour les vestiaires : comment limiter le risque sans perdre de marge sur le plan sportif ? Sur la terre battue du Masters 1000 de Madrid, Sabalenka a choisi de répondre par la gestion quotidienne, pas par le hasard.

Un tournoi où l’estomac a pris le pas

La compétition a été troublée par des retraits comme ceux de Marin Cilic, Madison Keys et Iga Swiatek, ainsi que par le cas de Coco Gauff, qui a vomi pendant son match. Le récit a alimenté les réactions des fans, qui ont réclamé des explications et une clarification sur l’origine des symptômes. Dans les tribunes, puis sur les réseaux, la question de la “contamination” a vite dépassé le cadre médical.

Dans le même temps, les responsables de la sécurité alimentaire ont fait l’objet de discussions, avec une piste régulièrement citée : des tacos aux crevettes. Les joueurs, eux, ont dû arbitrer entre prudence et confort, alors que le calendrier ne pardonne pas et que chaque journée compte pour la qualification et la course aux objectifs. C’est là que ça se joue : quand le doute s’installe, la programmation et la récupération ne se limitent plus au court.

Sabalenka a choisi la routine plutôt que l’enquête

Dans son interview, Aryna Sabalenka a d’abord voulu couper court au suspense. Elle a dit se sentir “ok”, tout en montrant qu’elle avait compris ce qu’on attendait d’elle : éviter les tacos évoqués dans les rumeurs. Son message a été clair, presque désarmant, avec une approche de gestion très concrète.

Elle a expliqué qu’elle “s’en tient au même food, same meal” depuis le début du tournoi. Cette constance n’a rien d’accessoire : dans un Masters 1000, l’irrégularité physique coûte cher, surtout sur une surface comme la terre battue, où l’enchaînement des échanges impose un rythme exigeant. Sabalenka a donc privilégié un levier simple : réduire les variables alimentaires, même si le débat autour de la cause n’était pas tranché.

« Pour l’instant, tout va bien. J’ai entendu que je devais éviter ces tacos (rires). »

Le choix d’éviter le risque, même quand tout est “géré”

Le tournoi a aussi mis en lumière une autre mécanique de vestiaire : la prudence sociale. Jannik Sinner a reconnu avoir perçu le danger dès les premiers jours, en expliquant qu’il fallait éviter le contact avec les gens, et probablement aussi certaines nourritures susceptibles de provoquer des problèmes d’estomac. Son approche a été décrite comme un ajustement de comportement autour des journées de match et d’entraînement.

Dans la même logique, Sinner a raconté qu’il essayait de ne pas rester trop longtemps sur place après les matches et qu’il pratiquait, puis s’éloignait. L’impact, c’est la réduction de la proximité dans les lieux communs : salles de sport, espaces de restauration. Là encore, le calendrier ne pardonne pas, mais la gestion du risque devient une forme de préparation mentale, parce qu’elle enlève une couche de pression.

« Quand quelqu’un tombe malade, vous êtes toujours assez proches les uns des autres, dans les salles à manger et à la salle de sport. »

Ce que Sabalenka devait prouver ensuite

Pour Sabalenka, l’enjeu était double : rester saine, mais aussi conserver le niveau de jeu sur la durée. Dans ses cinq derniers matches, elle a remporté chacun de ses duels : contre Coco Gauff (6-2 4-6 6-3), contre Elena Rybakina (6-4 6-3), contre Baptiste (6-4 6-4), contre Zheng (6-3 6-4) et contre Mcnally (6-4 6-2). Ces résultats ont montré qu’elle a gardé la maîtrise de ses rendez-vous, sans que le contexte sanitaire ne la fasse dévier.

Le prochain test se dessine avec un adversaire de la même zone de pression : le tournoi continue, et Sabalenka doit enchaîner pour protéger son objectif. À Madrid, chaque tour compte dans la dynamique globale de la quinzaine, et la question qui se pose maintenant est simple : est-ce que sa stratégie de routine alimentaire et de contrôle du risque lui a permis de conserver la continuité nécessaire ? Son prochain match l’exposera directement à la même réalité : sur terre battue, la marge de manœuvre se joue autant dans la récupération que dans l’assiette.

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