Coco Gauff a livré une réflexion sur le tournant mental qui lui a permis de remporter son premier titre du Grand Chelem à l'US Open 2023. À l'aube du tournoi de Dubaï, l'Américaine de 21 ans est revenue sur la pression qu'elle s'était imposée depuis ses débuts professionnels et le déclic qui a tout changé.
Une pression omniprésente depuis ses débuts
Coco Gauff est arrivée sur le circuit avec une étiquette de prodige. Dès sa première saison professionnelle, ses performances ont placé la barre très haut. Les attentes du public américain, les comparaisons systématiques, la course au premier titre majeur : tout contribuait à alourdir le fardeau mental.
La numéro 5 mondiale l'a admis sans détour lors d'une conférence de presse à Dubaï. Avant l'US Open 2023, elle ressentait l'obligation de décrocher un Grand Chelem pour justifier son statut. Une pression qu'elle s'imposait elle-même, persuadée que sa valeur dépendait de ce sacre.
« Je pense qu'évidemment quand je suis arrivée sur le circuit, j'ai ressenti beaucoup d'attentes pour en gagner un. J'avais l'impression que je devais le faire pour valoir quelque chose. »
Le paradoxe du lâcher-prise
Le déclic est venu d'une approche contre-intuitive. Gauff avait prévu d'utiliser l'US Open comme un tournoi de préparation, avec l'Australian Open en ligne de mire. Cette décontraction mentale, cette capacité à relativiser l'enjeu immédiat, lui a finalement permis de remporter le titre à Flushing Meadows.
L'Américaine en a tiré une leçon qu'elle formule avec simplicité : les grands moments arrivent quand on cesse de les forcer. Deux ans plus tard, la méthode a porté ses fruits une seconde fois à Roland-Garros, où elle a dominé Aryna Sabalenka en finale pour décrocher son deuxième majeur.
Cette victoire parisienne a confirmé que le sacre new-yorkais n'était pas un accident. Avec un bilan de 167 victoires pour 71 défaites sur dur — sa surface de prédilection — Gauff possède les fondamentaux pour s'imposer durablement au plus haut niveau.
Une régularité à consolider
Les statistiques révèlent cependant une forme récente en dents de scie. Sur ses cinq derniers matchs, l'Américaine affiche deux victoires et trois défaites, dont un revers sec face à Elina Svitolina (1-6, 2-6). Son pourcentage de premières balles, établi à 61 %, constitue un indicateur à surveiller : sur les surfaces rapides, ce taux conditionne souvent la capacité à dominer les échanges.
Avec 4,2 aces en moyenne par match, Gauff dispose d'une arme de service efficace sans être dévastatrice. La régularité de sa mise en jeu et sa capacité à enchaîner les tournois à haut niveau détermineront si elle peut prétendre à la place de numéro 1 mondiale dans les prochains mois.
Le Grand Chelem en carrière en ligne de mire
À 21 ans et avec 17 titres au compteur, l'Américaine possède une marge de progression conséquente. Deux titres majeurs — l'US Open sur dur, Roland-Garros sur terre battue — dessinent déjà un profil complet. Seuls Wimbledon et l'Australian Open manquent à son palmarès pour compléter le Grand Chelem en carrière, une distinction réservée à une poignée d'élues dans l'histoire du tennis féminin.
Le tournoi de Dubaï, classé WTA 1000 et disputé sur dur, offre à Gauff l'occasion de valider sa montée en puissance sur sa surface favorite. Avec 65 victoires pour 21 défaites sur terre battue et 22 succès pour 14 revers sur gazon, elle a démontré sa capacité d'adaptation. Reste à transformer cette polyvalence en constance, match après match, pour rejoindre le cercle des meilleures joueuses de sa génération sur la durée.




