Interview

Gauff explique ses difficultés au Moyen-Orient

Coco Gauff livre son analyse après sa nouvelle défaite précoce à Dubaï. L'Américaine pointe la difficulté de transition entre l'Australie et le Moyen-Orient, et évoque les différences de surface entre Doha et Dubaï qui compliquent son adaptation.

Lena Kovac
17 février 2026
3 min
Gauff explique ses difficultés au Moyen-Orient

Coco Gauff a livré son analyse après sa nouvelle désillusion précoce au Moyen-Orient. La numéro 5 mondiale, éliminée dès son entrée en lice à Dubaï face à Anna Kalinskaya, pointe du doigt la difficulté de transition entre l'Australie et les courts du Golfe. Un constat partagé par plusieurs joueuses du top 10.

Une transition qui pèse lourd

L'enchaînement pose problème. Après un mois passé aux antipodes pour préparer puis disputer l'Open d'Australie, le retour express au Moyen-Orient chamboule les organismes. Coco Gauff l'explique sans détour depuis Dubaï, où elle vient de chuter face à Kalinskaya. La semaine précédente à Doha, elle avait déjà quitté le tournoi d'entrée, prolongeant une série noire sur le sol qatari : trois éliminations au premier tour lors de ses trois dernières participations.

Le temps manque pour récupérer. Entre la finale de l'Open d'Australie fin janvier et le début du WTA 1000 de Doha début février, sept jours à peine s'écoulent. Les joueuses basées en Europe ou aux États-Unis rentrent chez elles quelques jours, puis repartent aussitôt vers le Golfe. Un voyage de plus de vingt heures, un nouveau décalage horaire, une chaleur sèche à apprivoiser.

"Vous êtes en Australie pendant un mois, parfois plus. Vous voulez rentrer à la maison. Vous rentrez. Et là, vous devez repartir et vous réadapter complètement."

Des courts qui changent la donne

Au-delà du calendrier, Gauff souligne une différence majeure entre Doha et Dubaï. Les surfaces, toutes deux en dur, n'offrent pas les mêmes sensations. À Doha, elle trouvait le terrain plus lent, proche des conditions australiennes. À Dubaï, la balle file davantage. Les échanges s'accélèrent, le temps de préparation se réduit.

Cette variation contraint à ajuster le jeu. Sur surface rapide, le service gagne en importance, les frappes doivent être plus affûtées dès la première balle. Gauff, qui affiche une moyenne de 4,2 aces par match cette saison avec 61% de premières balles rentrantes, reconnaît que cette vivacité peut la mettre en difficulté. Son revers à deux mains, habituellement solide dans les échanges longs, dispose de moins de temps pour s'installer.

Un mal partagé dans le top 10

L'Américaine n'est pas la seule à peiner sous le soleil du Golfe. La semaine passée à Doha, Amanda Anisimova tombait elle aussi au premier tour. Iga Swiatek et Elena Rybakina ne dépassaient pas les quarts de finale. Un bilan collectif qui confirme le diagnostic de Gauff : le Moyen-Orient, malgré ses dotations généreuses et son statut de double WTA 1000, reste un piège pour les favorites.

Le format du circuit n'aide pas. Les joueuses du top enchaînent depuis janvier Melbourne puis deux tournois majeurs consécutifs sans pause réelle. Les corps accumulent la fatigue, les esprits aussi. À Dubaï, exemptée de premier tour en tant que tête de série numéro 3, Gauff espérait profiter d'une journée de repos supplémentaire. Elle affrontait Jelena Ostapenko ou Kalinskaya au deuxième tour. C'est finalement la Russe qui s'imposa, confirmant la fragilité de l'Américaine sur ces courts rapides.

La nécessité de rebondir vite

Avec cette nouvelle défaite précoce, Gauff aligne trois éliminations au premier tour sur ses quatre dernières participations entre Doha et Dubaï. Un bilan qui tranche avec son statut de finaliste de l'Open d'Australie 2026 et de championne de Roland-Garros 2025. Son bilan sur dur cette saison affiche désormais 167 victoires pour 71 défaites en carrière, mais la dynamique récente inquiète : quatre défaites lors de ses cinq derniers matchs.

Le calendrier ne laisse pas de répit. Après Dubaï, le circuit enchaîne avec Indian Wells et Miami en mars, deux tournois WTA 1000 sur dur américain. Gauff y défendra des points précieux pour consolider sa place dans le top 5 mondial. La surface lui convient mieux, le décalage horaire disparaît pour celle qui réside en Floride. Reste à digérer cette série noire moyen-orientale et retrouver la frappe solide qui l'avait menée jusqu'en finale à Melbourne.

Commentaires

0/2000
Chargement...