Longtemps opposée à l'idée de jouer en cinq sets dans les Grands Chelems, Aryna Sabalenka a changé de position avant le début d'Indian Wells. La numéro un mondiale estime désormais que ce format lui serait favorable et qu'elle y aurait remporté davantage de titres majeurs.
Un revirement assumé
Aryna Sabalenka faisait partie, il y a quelques mois encore, des joueuses fermement opposées au passage au meilleur des cinq sets dans les tournois du Grand Chelem. La proposition avait été lancée par Craig Tiley, directeur de l'Open d'Australie, qui envisageait ce format à partir des quarts de finale pour les femmes. La grande majorité des joueuses WTA l'avait rejetée d'emblée.
La Bélarusse de 27 ans semblait alors partager cette position. Mais à la veille d'Indian Wells, interrogée à nouveau sur le sujet, elle a affiché une opinion sensiblement différente — et cette fois sans ambiguïté.
La condition physique comme argument
Ce qui a changé dans le discours de Sabalenka, c'est la confiance qu'elle dit avoir dans ses capacités physiques. Elle ne défend plus simplement le format actuel : elle revendique un avantage potentiel dans un format plus exigeant. Sa déclaration avant le tournoi californien est claire :
« J'aurais probablement plus de Grand Chelems. Physiquement, je suis vraiment solide, et je suis assez confiante que mon corps peut le supporter. Alors allons-y. [...] Je sens que si ça se fait, j'ai un avantage énorme. »
Ce raisonnement est cohérent avec le profil de jeu que l'on connaît à Sabalenka : une puissance athlétique qui, dans un match long, pourrait constituer un facteur décisif. Mais c'est elle qui le dit — et ce n'est pas rien venant de la première joueuse mondiale.
Un débat qui divise le circuit
Le fond de la question reste entier. Pour que ce format devienne viable, il imposerait aux joueuses une préparation physique sensiblement différente, et redistribuerait peut-être les cartes entre celles dont le jeu s'appuie davantage sur l'endurance et celles qui misent sur la qualité de balle à court terme.
Ce qui frappe, c'est que Sabalenka ne minimise pas cet enjeu. Elle reconnaît que d'autres joueuses auraient « beaucoup de travail à faire côté condition physique », tout en assumant que cela lui conférerait un avantage. Un positionnement tranché, là où la plupart de ses collègues restent sur leurs gardes.
La proposition de Craig Tiley ne semble pas, à ce stade, sur le point d'être adoptée. Le circuit WTA ne s'est pas prononcé en sa faveur, et la résistance des joueuses demeure forte. Mais le fait que la numéro un mondiale rejoigne désormais — partiellement — ce camp change un peu la nature du débat.
Indian Wells comme premier test du printemps
En attendant que cette question trouve une réponse institutionnelle, Sabalenka a des objectifs bien concrets à Indian Wells. Le BNP Paribas Open constitue le premier Masters 1000 de la saison sur surface dure en plein air, et représente un enjeu de classement significatif pour les meilleures joueuses du monde. La numéro un mondiale cherchera à confirmer son statut dans un tableau qui s'annonce ouvert, après une entame de saison marquée par des résultats contrastés.




