WTA

Roddick démonte la proposition de retrait de points à Dubai

Andy Roddick a vivement critiqué la proposition du directeur du tournoi de Dubai, Salah Tahlak, de retirer des points au classement aux joueuses qui se désistent des tournois WTA obligatoires.

Lena Kovac
19 février 2026
4 min
Roddick démonte la proposition de retrait de points à Dubai

Andy Roddick a vivement réagi à la proposition du directeur du tournoi de Dubai de retirer des points au classement aux joueuses qui se désistent des tournois obligatoires. Salah Tahlak, furieux après les forfaits d'Aryna Sabalenka et Iga Swiatek à quelques heures du tirage au sort du WTA 1000, avait réclamé des sanctions bien plus sévères que de simples amendes financières.

Tahlak, la colère froide d'un organisateur

Le décor est celui de Dubai, aux Emirats arabes unis, où le tournoi WTA 1000 sur surface dure devait accueillir les deux meilleures joueuses du monde. Mais la veille du tirage au sort, Sabalenka et Swiatek se retirèrent toutes les deux de la compétition. Un double forfait qui fit l'effet d'une déflagration dans les coulisses du tournoi.

Salah Tahlak ne cacha pas sa frustration. Le directeur du tournoi prit la parole publiquement pour réclamer que la WTA sanctionne les joueuses en leur retirant des points au classement, jugeant que les pénalités financières actuelles ne suffisaient plus à dissuader les désistements de dernière minute lors des épreuves à participation obligatoire. Selon lui, les amendes ne faisaient plus peur à des joueuses dont les revenus dépassent largement le montant des sanctions.

La proposition fit immédiatement réagir dans le monde du tennis, et Andy Roddick ne tarda pas à prendre position dans son podcast Served.

Un créneau calendaire problématique

L'ancien champion de l'US Open 2003, dont le service dévastateur resta longtemps l'un des plus redoutés du circuit avec une moyenne de 11,8 aces par match et 65 % de premières balles en carrière, n'y alla pas par quatre chemins. Roddick commenca par pointer un problème structurel : février est, selon ses propres termes, un créneau difficile pour un WTA 1000. Les forfaits de joueuses de premier plan y sont presque inévitables, tant la saison démarre à peine et les corps ne sont pas encore pleinement rodés.

Puis l'Américain adressa une pique directe à Tahlak. Selon lui, c'est le directeur du tournoi lui-même qui a poussé pour que l'épreuve de Dubai obtienne le statut de WTA 1000 dans cette fenêtre calendaire. Assumer les conséquences de ce choix de positionnement fait partie du jeu. On ne peut pas réclamer le prestige d'un tournoi majeur tout en se plaignant des aléas qui l'accompagnent.

"Il va retirer des points gagnés il y a six mois ? Comment est-ce que ça fonctionne ? Ça n'a aucun sens."

L'absurdité du retrait de points, selon Roddick

Roddick enfonca le clou sur le fond même de la proposition. Chaque point inscrit au classement d'une joueuse correspond à un match gagné, à une performance réalisée sur le court. L'idée de retirer ces points acquis en raison d'un forfait à un autre tournoi lui parut totalement aberrante. L'ancien 32 fois titré sur le circuit ATP compara la situation à celle d'un sport collectif où l'on retirerait une victoire en playoffs après coup. L'analogie visait à souligner le caractère absurde de la mesure proposée.

L'Américain s'interrogea aussi sur la logique d'une double sanction : une amende financière d'un côté, un retrait de points de l'autre. Pour une joueuse qui ne peut pas participer à un tournoi, quelle qu'en soit la raison, cette accumulation de pénalités relevait selon lui d'un manque total de réflexion.

Sur le fond, la position de Roddick rejoint un débat plus large sur la gestion du calendrier WTA et la pression croissante exercée sur les joueuses. Swiatek avait elle-même indiqué l'année précédente qu'elle serait prête à enfreindre les règles et à manquer certains tournois obligatoires si elle estimait que cela pouvait la préserver physiquement sur le long terme. Pour Dubai, la Polonaise invoqua simplement un changement de programme dans son calendrier.

Un calendrier WTA en pleine remise en question

Sabalenka, de son côté, fit l'impasse à la fois sur Doha et sur Dubai, repoussant son premier WTA 1000 de la saison 2026 à Indian Wells en mars. Un choix qui témoigne de la tendance croissante des joueuses de très haut niveau à gérer leur calendrier de manière autonome, quitte à froisser les organisateurs et à accepter les pénalités financières prévues par le règlement.

Le débat soulevé par Tahlak et la réponse cinglante de Roddick posent une question de fond pour le circuit féminin : comment concilier les intérêts économiques des tournois, qui investissent des millions dans leur organisation, avec la santé et la liberté de programmation des joueuses ? La tension entre ces deux impératifs ne cesse de croître depuis plusieurs saisons.

Le Masters 1000 d'Indian Wells, en mars, sera la prochaine grande échéance du calendrier WTA. Sabalenka et Swiatek y sont toutes les deux attendues. Pour les organisateurs de Dubai, le constat est amer : le statut d'un tournoi ne garantit pas la présence des meilleures joueuses du monde, et les menaces de sanctions supplémentaires ne changeront probablement pas cette réalité.

Commentaires

0/2000
Chargement...