La veille du tirage au sort du tournoi de Dubai, Aryna Sabalenka et Iga Swiatek ont annoncé leurs forfaits, provoquant une réaction virulente du directeur du tournoi Salah Tahlak. L'ancien champion de Grand Chelem Yevgeny Kafelnikov a pris la défense de ce dernier, estimant sa colère pleinement justifiée.
Des forfaits annoncés au pire moment
Le calendrier n'aurait pas pu être plus cruel pour les organisateurs. Sabalenka, numéro 1 mondiale, invoqua une blessure à la hanche pour justifier son absence. Swiatek, numéro 2 mondiale, évoqua quant à elle un changement dans son programme. Deux raisons différentes, mais un même résultat : le tournoi perdait ses deux têtes d'affiche à quelques heures seulement du tirage au sort.
Tahlak ne dissimula pas son mécontentement. Il qualifia ces retraits de « étranges » et appela la WTA à durcir ses sanctions, en pénalisant les joueuses concernées par un retrait de points au classement. Une sortie publique inhabituelle pour un directeur de tournoi, mais qui trouva un écho favorable auprès de Kafelnikov.
Kafelnikov : "C'est un suicide pour le tournoi"
L'ancien joueur russe, fort d'un palmarès de 27 titres en carrière dont deux Grand Chelems, ne mâcha pas ses mots sur la chaîne First&Red. Il comprit et valida la réaction de Tahlak, estimant que la situation était intenable pour n'importe quel promoteur.
"Il met leurs affiches partout pendant trois, quatre mois, espérant attirer d'autres sponsors. Tout le monde veut voir les meilleures joueuses, Aryna, Iga. Quand un tel effondrement de noms se produit, comment réagir autrement ? C'est un suicide."
L'argument économique est au cœur de sa démonstration. Organiser un tournoi de ce niveau implique des investissements considérables en amont — campagnes de communication, démarches commerciales, billetterie — tous bâtis autour de l'attraction des meilleures joueuses du monde. Perdre Sabalenka et Swiatek la veille du tirage, c'est voir une partie de ce travail s'effondrer en quelques heures.
La WTA face à la question des forfaits de dernière minute
La demande de Tahlak d'un durcissement des sanctions pointe une tension structurelle sur le circuit féminin. Les organisateurs investissent des sommes importantes en dotation et en promotion pour attirer les meilleures joueuses, mais disposent de peu de recours lorsque celles-ci se désistent tardivement. Kafelnikov abonda dans ce sens, soulignant la difficulté à trouver des sponsors pour les tournois féminins.
En regardant de plus près les bilans des deux joueuses, on comprend l'ampleur de la perte pour Dubai. Sabalenka affiche un bilan de 393 victoires pour 144 défaites en carrière, dont 272 victoires sur surface dure. Swiatek, elle, présente 336 victoires pour 82 défaites, avec 209 succès sur dur. Sur cette surface, les deux joueuses figurent parmi les plus dominantes du circuit mondial.
Indian Wells, prochain rendez-vous de la polémique
Absentes de Dubai au moment des déclarations de Tahlak, Sabalenka et Swiatek n'ont pas encore répondu publiquement. Ce n'est que partie remise : toutes deux devraient être engagées à Indian Wells, où les questions sur cette affaire seront inévitables en conférence de presse.
Le BNP Paribas Open d'Indian Wells, qui se tient début mars, constituera ainsi leur première prise de parole publique sur le sujet. Pour Sabalenka, il s'agira également de valider que la blessure à la hanche est bien derrière elle. Pour Swiatek, de justifier un choix de calendrier qui a froissé l'un des promoteurs les plus influents du circuit. Les deux numéros 1 et 2 mondiales auront du terrain à reconquérir, pas seulement sportif.




