Interview

Raducanu et la valse des coaches : Navratilova interpelle

La rupture d'Emma Raducanu avec Francisco Roig relance les questions sur l'instabilité de son staff. Martina Navratilova a pris la parole depuis Indian Wells pour réclamer de la constance dans l'encadrement de la Britannique.

Lena Kovac
16 mars 2026
3 min
Raducanu et la valse des coaches : Navratilova interpelle

La séparation d'Emma Raducanu avec Francisco Roig, quelques mois seulement après le début de leur collaboration, relance un débat bien connu dans l'entourage de la Britannique. Martina Navratilova, interrogée par Sky Sports en marge du tournoi d'Indian Wells, a exprimé publiquement ses réserves sur la gestion de carrière de la joueuse classée 25e mondiale.

Une rupture de plus avec un entraîneur

Francisco Roig, qui avait notamment travaillé avec Rafael Nadal, entendait s'inscrire dans la durée avec Raducanu. La collaboration n'aura pas résisté aux premières semaines. Ce départ s'ajoute à une liste d'entraîneurs qui, depuis la victoire à l'US Open 2021, ont suivi et quitté la joueuse britannique avant que le travail commun n'ait pu produire ses effets.

Emma Raducanu a depuis repris contact avec Mark Petchey, avec qui elle entretient une relation de confiance. Mais selon les informations disponibles, Petchey cumule d'autres engagements professionnels et ne serait pas en mesure d'accompagner la joueuse sur une longue période.

Navratilova pose les mots sur le problème

Depuis les tribunes d'Indian Wells, la légende américaine n'a pas mâché ses mots. Dix-huit fois lauréate en Grand Chelem, Navratilova a une légitimité naturelle pour parler de la construction d'une carrière dans la durée. Son diagnostic est précis.

« Tu as besoin de quelqu'un à plein temps. Tu n'as pas forcément besoin d'un grand entraîneur tout le temps — peut-être même quelqu'un à mi-temps, ce qui est un peu sa situation actuelle. Tu dois lui faire confiance et rester un peu plus longtemps. Je pense que c'est la plus grande erreur — elle est passée par trop de gens, et tu te retrouves avec tellement d'idées différentes que tu ne sais plus laquelle suivre. »

Le public ne s'y est pas trompé : l'intervention de Navratilova à Indian Wells a eu un écho immédiat, tant la situation de Raducanu cristallise depuis des années les interrogations sur la capacité de la joueuse à stabiliser son environnement de travail.

Indian Wells, Miami : le calendrier met la pression

Sur le plan des résultats, le passage à Indian Wells a été en deçà des attentes. En amont, à l'Open d'Australie, les performances n'avaient pas convaincu non plus. Sur les cinq derniers matchs répertoriés, on note une défaite sévère face à Anisimova (6-1, 6-1), mais aussi une victoire nette contre Zakharova (6-1, 6-3) — le tableau est contrasté, sans ligne claire.

Un geste revient souvent dans les images de la joueuse sur le court : ce mouvement d'épaules discret après un point perdu, la tête qui se baisse une fraction de seconde avant de se relever. On l'a vu à son langage corporel à plusieurs reprises cette saison — une tension intérieure que la régularité d'un staff stable pourrait sans doute mieux contenir.

Le jeu de Raducanu, lorsqu'il tourne, repose sur une frappe de coup droit à plat, déclenchée tôt après le rebond, qui lui permet de prendre le temps à l'adversaire. Mais cette arme ne s'exprime pleinement que dans des conditions de confiance et de préparation rodée — précisément ce que la succession d'entraîneurs tend à fragiliser.

Miami comme test de référence

Raducanu se présentera au Miami Open dans quelques jours avec la question du coaching toujours ouverte. Un résultat décevant en Floride pèserait davantage que les simples points de classement en jeu : il renforcerait l'idée que l'instabilité dans le staff a des conséquences directes sur les performances. Ses adversaires potentielles dans le tableau, les points à défendre et son niveau de classement — actuellement 25e mondiale — rendent ce tournoi incontournable pour ne pas perdre du terrain dans la course au Top 20. Les semaines à venir diront si le retour à Petchey, même partiel, suffit à apporter la structure que Navratilova juge indispensable.

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