Emma Raducanu aborde Indian Wells avec un staff remanié et une philosophie claire : pas de coach titulaire, pas de pression de fidélité. La Britannique, 25e tête de série, affronte Anastasia Zakharova au premier tour après avoir bénéficié d'un bye, dans un contexte de reconstruction assumée.
La rupture avec Roig, point de départ d'une réflexion
Tout a commencé à Melbourne. Après sa défaite au premier tour de l'Open d'Australie face à Anastasia Potapova, Emma Raducanu laissa entendre que Francisco Roig et elle n'étaient pas sur la même longueur d'onde quant à la manière de jouer. La séparation fut officialisée quelques jours plus tard.
Ce n'est pas un caprice. C'est une prise de position. Raducanu identifie un problème structurel dans sa relation au coaching : plusieurs entraîneurs successifs l'auraient éloignée de son jeu naturel. L'Open d'Australie a été le révélateur. La décision de changer de cap, la conséquence logique.
Cluj, puis Indian Wells : un staff en construction permanente
Pour son premier tournoi post-Melbourne, à Cluj-Napoca, Raducanu s'appuya sur l'ancien joueur britannique Alexis Canter. Elle y atteignit la finale. Avant de partir pour les États-Unis, elle fit un autre choix : réintégrer Mark Petchey à son équipe.
Petchey, c'est une figure familière. Raducanu a déjà travaillé avec lui à deux reprises par le passé. C'est donc leur troisième collaboration. La Britannique ne cache pas que cette relation fonctionne différemment des autres.
« Je travaille vraiment bien quand je suis avec lui. Je suis vraiment heureuse d'être sur le court et j'apprécie vraiment l'ensemble. Je ne sais pas, pour la suite, à quoi ça ressemblera. »
Pour Indian Wells et Miami, le duo Petchey-Canter encadre donc la Britannique. Un tandem, pas un coach unique. C'est là que ça se joue : dans cette volonté délibérée de ne pas confier les clés à une seule personne.
Le refus du coach titulaire : une stratégie assumée
Raducanu a expliqué sa position sans détour face à BBC Sport. Le risque d'un coach unique, selon elle, c'est la pression sociale qui en découle : rester avec quelqu'un parce qu'on s'y sent obligé, même quand ça ne convient plus.
« Je ne veux pas nécessairement avoir un seul coach dans ce rôle, parce que n'importe qui que je fais venir sera immédiatement scruté — même si c'est un essai. Je pourrais me sentir sous pression de rester avec lui, même si ce n'est pas forcément la bonne décision. »
L'objectif affiché est plus fondamental que le choix d'un staff : retrouver son jeu. Elle a confié avoir « eu beaucoup de gens lui dire quoi faire, comment jouer », et que cela ne lui convenait pas. Ce qu'elle cherche maintenant, c'est revenir à ses instincts, à une manière de jouer qu'elle estime avoir été « un peu coachée hors d'elle ». Réapprendre, dit-elle. Retrouver ce qu'elle savait faire naturellement.
Elle a également indiqué qu'elle allait « certainement solliciter quelques personnes ici et là » selon les besoins. Un modèle de coaching modulaire, en somme, plutôt qu'une relation exclusive et contractuelle.
Indian Wells : premier test du nouveau cadre
La question qui se pose maintenant est simple : est-ce que ce dispositif tient à la pression d'un Masters 1000 ? Indian Wells sera le premier vrai banc d'essai de cette organisation. Raducanu, 23 ans et classée 24e mondiale, ouvre son tableau face à Anastasia Zakharova, après avoir bénéficié d'un premier tour exempt. Un match d'entrée qu'elle devra aborder sans le rodage qu'offrent les premiers tours.
En cas de progression dans le tableau, les enjeux monteront vite. Miami suivra immédiatement après. Deux Masters 1000 consécutifs, avec un staff bicéphale encore récent et une philosophie de jeu en cours de reconstruction : le calendrier du mois de mars ne laissera guère de marge pour les tâtonnements.




