Interview

Pegula renverse Ostapenko et s'explique sur sa frustration

Menée 4-6, 0-2 par Ostapenko au deuxième set, Jessica Pegula a renversé la situation à Indian Wells pour s'imposer 4-6, 6-3, 6-2. L'Américaine, peu connue pour ses éclats sur le court, a reconnu avoir affiché une frustration inhabituelle avant de se ressaisir.

Lena Kovac
11 mars 2026
3 min
Pegula renverse Ostapenko et s'explique sur sa frustration

À Indian Wells, Jessica Pegula a signé l'un de ses retours les plus commentés du tournoi. Menée 4-6, 0-2 au deuxième set par Jelena Ostapenko, la cinquième tête de série américaine a renversé la situation pour s'imposer 4-6, 6-3, 6-2 au troisième tour. Ce que le score ne dit pas : elle a, pour une fois, laissé voir ses émotions.

Menée, mais pas silencieuse

Sur le court de Jessica Pegula, les émotions se lisent rarement à ciel ouvert. C'est une constante que le circuit connaît bien : l'Américaine joue dans une sorte de calme affiché, qui peut donner l'impression d'une indifférence au score. Ce soir-là, pourtant, le masque a glissé. Pendant que Jelena Ostapenko dictait les échanges et s'installait confortablement dans le match, Pegula a manifesté une frustration visible, inhabituelle pour elle — gestes, posture, regards vers son box.

Ostapenko était en feu sur ses premières balles, elle avait remporté le premier set 6-4 et pris deux jeux d'avance dans le deuxième. Rien ne semblait devoir ralentir la Lettone. C'est dans ce contexte que l'Américaine a commencé à se dévoiler, ce qui, selon ses propres mots, ne lui ressemble guère.

Un déclic dans le sixième jeu du deuxième set

Le tournant tient à un seul jeu : le sixième du deuxième set, quand Pegula parvint enfin à breaker le service d'Ostapenko. Jusqu'ici, la Lettone avait tenu sa mise en jeu avec autorité — 12 aces au compteur sur l'ensemble du match, un ratio de premières balles à 65 %. Une fois ce verrou cédé, Pegula enchaîna trois nouveaux breaks jusqu'à la fin de la rencontre, remportant les deux derniers sets 6-3, 6-2.

Les statistiques du match racontent cette bascule : Pegula ne convertit que 3 % de ses balles de break, mais les rares qu'elle saisit changèrent la physionomie du match. Ostapenko, elle, n'en profita pas davantage avec 5 %, malgré un service bien plus agressif. Voir le détail du match.

« M'assurer que je pensais encore clairement »

En zone mixte après le match, Pegula s'est montrée lucide sur ce qu'elle avait traversé. Elle reconnut d'abord que sa frustration était réelle, et qu'elle avait anticipé avec une certaine lassitude la résistance qu'Ostapenko allait lui opposer.

« J'étais sans doute un peu plus animée que d'habitude, probablement de façon négative, en montrant ma frustration [...] Je me suis dit : voilà, ça recommence, je vais devoir me battre encore. J'espérais peut-être qu'elle démarrerait moins bien. »

Elle ajouta ensuite que, consciente de se laisser déborder par l'émotion, elle avait volontairement marqué une pause intérieure. « Je devais me vérifier à un moment du match, pour m'assurer que je pensais encore clairement et que je n'étais pas emportée par les émotions », confia-t-elle. Une autocorrection mentale plus qu'une transformation tactique.

Elle formula aussi une observation sur sa propre image : parce qu'elle n'est pas naturellement démonstrative, ses moments de tension passent souvent inaperçus. Ce soir-là, ils étaient lisibles. Depuis les tribunes, on sentait que quelque chose se jouait au-delà du score.

Bencic attend en huitième de finale

Qualifiée pour les huitièmes de finale, Pegula retrouve désormais Belinda Bencic pour une place dans le dernier carré. L'Américaine devra reproduire ce qu'elle a réussi en fin de match : retrouver ses repères lorsque le contexte se complique. Car contre Bencic, il est peu probable que le démarrage soit plus clément qu'il ne le fut face à Ostapenko.

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