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Medvedev et Johansson : une collaboration qui prend forme

Battu au troisième tour à Miami par Cerundolo, Medvedev explique ce qui distingue Thomas Johansson de son prédécesseur : l'expérience vécue du très haut niveau.

Nicolas Besson
28 mars 2026
3 min
Medvedev et Johansson : une collaboration qui prend forme

Éliminé au troisième tour du Miami Open par Francisco Cerundolo (6-0, 4-6, 7-5), Daniil Medvedev a pris la parole sur sa nouvelle collaboration avec l'entraîneur Thomas Johansson, dont il souligne une qualité rare : l'expérience du très haut niveau vécue de l'intérieur.

Johansson, un entraîneur qui a connu les mêmes doutes

Daniil Medvedev a expliqué ce qui distingue fondamentalement Johansson de son précédent entraîneur Gilles Cervara. Ce n'est pas une question de méthode ou de tactique, mais de vécu. Pour le Russe, le fait que Johansson ait lui-même évolué dans le top 10 constitue un avantage concret dans les échanges quotidiens.

« La différence, c'est simplement que Thomas était un joueur de top 10, donc il sait beaucoup de choses […]. Il sait ce que c'est de jouer ce type de tournoi. Parfois quand tu joues moins bien, parfois quand tu joues mieux, avec ou sans confiance. Il l'a vécu lui-même, alors ça aide parfois juste d'en parler. »

Medvedev avait mis fin à sa longue collaboration avec Cervara à l'intersaison, insatisfait de ses résultats lors de la saison précédente. L'arrivée de Johansson avait d'abord pris la forme d'un accord temporaire — ils ne travaillaient ensemble que depuis une semaine et demie avant d'enchaîner six tournois consécutifs — avant que le Russe n'envisage une prolongation.

Un parcours à Indian Wells, une sortie rapide à Miami

Sur le plan des résultats, le tournoi d'Indian Wells avait livré des éléments concrets. Medvedev avait battu Jack Draper puis Carlos Alcaraz avant de buter en finale sur Jannik Sinner. Des victoires de référence, même si le titre lui avait échappé.

À Miami, l'histoire fut bien différente. Dès le troisième tour, l'Argentin Francisco Cerundolo s'imposa en trois sets (6-0, 4-6, 7-5), dominé au premier set. Les statistiques du match illustrent les difficultés du Russe : un taux de conversion sur balles de break de seulement 4 %, contre 7 % pour Cerundolo, et cinq doubles fautes qui ont alourdi la facture sur les moments décisifs.

Ce que le score ne dit pas entièrement, c'est la réalité d'un Medvedev conscient de ses propres marges. Sur sa capacité à peser au sommet, il est lucide :

« Je sais que quand je joue à mon meilleur niveau, il n'y a pas beaucoup de gens qui peuvent me battre facilement. Mais dès que tu baisses ton jeu de 2-3 %, une double faute par-ci, un break concédé par-là, il y a beaucoup de joueurs qui peuvent te battre. »

Le service, variable clé dans une partie à trois sets

En regardant de plus près les statistiques de surface, la première balle de Medvedev est entrée à 62 % face à Cerundolo, contre 68 % pour l'Argentin. Un écart modeste en apparence, mais qui, combiné aux cinq doubles fautes, a fragilisé ses moments de service dans les situations tendues.

Cerundolo avait de son côté limité ses fautes directes au minimum — zéro double faute sur l'ensemble du match — un indicateur intéressant de la maîtrise dont il a fait preuve sur les points importants. Le troisième set, remporté 7-5, résume bien ce différentiel de régularité.

Une association à consolider sur la durée

Medvedev avait évoqué en décembre dernier les conditions particulières de ses débuts avec Johansson, soulignant le peu de temps de préparation hors tournois disponible. La suite de la saison devrait offrir davantage de blocs de travail pour consolider les bases de leur collaboration.

Sur la nature de leur relation, le Russe a aussi insisté sur un aspect moins technique : le plaisir de l'échange. Il a confié que le fait que Johansson ait remporté un Grand Chelem n'était pas déterminant en soi dans leur travail, mais que cela créait une connivence naturelle — lui-même étant lauréat d'un Majeur. Une complicité humaine qui, selon lui, facilite les discussions dans les moments difficiles.

Éliminé à Miami, Medvedev (#11 mondial) devra désormais regarder vers les prochaines échéances de la tournée sur terre battue, une surface qui lui a historiquement moins souri. La conférence de Monte-Carlo en avril constituera le premier test de la saison rouge, et une opportunité de valider que la dynamique amorcée à Indian Wells avec Johansson sur dur peut également se transférer sur d'autres surfaces.

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