Des propos tenus par John McEnroe sur son podcast ont relancé le débat entre tennis masculin et féminin, en prenant Aryna Sabalenka comme point de comparaison. Les réactions des fans ont été immédiates — et loin d'être unanimes.
McEnroe et la hiérarchie des niveaux
Des propos tenus par Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale, sont cités nommément par McEnroe dans une démonstration sur l'écart de niveau entre les circuits masculin et féminin. L'Américain, 67 ans, affirme sur son podcast qu'un meilleur joueur junior de 15 ans battrait la Biélorusse « 6-1, 6-1 ».
McEnroe précise le contexte de sa déclaration :
« Je n'étais qu'un joueur correct, classé entre 30 et 75 dans ma carrière. Mais si vous prenez le meilleur junior du monde, le meilleur jeune de 15 ans, et que vous le mettez face à Sabalenka, il la bat 6-1, 6-1. »
Il prend soin d'ajouter que la différence de niveau ne remet pas en cause la valeur du tennis féminin en tant que tel — « c'est simplement un jeu différent », précise-t-il. Nuance qui n'aura pas suffi à désamorcer la polémique.
Le match Kyrgios-Sabalenka, toujours en toile de fond
Pour une partie des fans, ces déclarations renvoient directement au match exhibition entre Nick Kyrgios et Sabalenka en décembre dernier. Le résultat, 6-3, 6-3 pour l'Australien, est souvent cité comme argument dans ce débat — mais les conditions de la rencontre rendent toute conclusion délicate.
Kyrgios, alors classé 671e mondial, avait lui-même déclaré avant le match qu'il n'aurait pas besoin de 100 % de ses capacités pour s'imposer. Les images du match ont largement confirmé cette posture : service à la cuillère, points non disputés, investissement minimal. Côté Sabalenka, le ton était tout autre avant l'entrée sur le court.
« Je vais aller là-bas et faire de mon mieux pour lui botter les f*** »
Le terrain n'était d'ailleurs pas symétrique : Sabalenka jouait avec un court aux dimensions réduites de son côté, ce que plusieurs observateurs ont qualifié de « farce ».
Des fans partagés, et une déception commune
Ce qui ressort des réactions en ligne n'est pas tant un désaccord sur le fond — la différence physique entre joueurs professionnels masculins et féminins — que sur la forme du spectacle proposé. Nombreux sont ceux qui ont décroché dès les premiers jeux.
Un spectateur a résumé l'ambiance : « J'ai commencé à regarder par curiosité, j'ai décroché après 2 jeux. Kyrgios ne faisait même pas semblant d'essayer, ne courait rien et n'utilisait pas 60 % de sa puissance. » D'autres messages pointaient une impression de déséquilibre assumé, Kyrgios « se baladant » selon les termes employés, rendant la rencontre dénuée d'intérêt compétitif.
Une partie du public a toutefois rappelé qu'il s'agissait d'un match exhibition, et que l'attente d'une véritable compétition était peut-être mal placée. Ce qui n'empêchait pas la frustration : si les deux protagonistes avaient affiché des intentions opposées, c'est le niveau d'engagement de Kyrgios qui a déterminé la nature du spectacle.
Sabalenka, en retrait sur la polémique
La numéro 1 mondiale n'a pas réagi publiquement aux déclarations de McEnroe. Ce silence contraste avec la communication offensive qu'elle avait adoptée avant le match exhibition — ce qui indique probablement un choix délibéré de ne pas alimenter ce type de débat.
Sur le court, le calendrier continue. Sabalenka sera attendue lors des prochaines échéances sur le circuit WTA, où ses performances resteront l'argument le plus solide à opposer à toute polémique extérieure. Ses performances récentes — victoires notamment face à Gauff (6-2, 4-6, 6-3), Rybakina (6-4, 6-3), Baptiste (6-4, 6-4), Zheng (6-3, 6-4) et McNally (6-4, 6-2) — témoignent d'une activité compétitive soutenue, bien loin des comparaisons théoriques agitées sur les podcasts.




