Nick Kyrgios n'en finit plus de se battre contre son propre corps. L'Australien a reconnu publiquement avoir subi trois à quatre opérations chirurgicales ces deux dernières années, et admet que ses capacités physiques ne sont plus celles d'un athlète de haut niveau. Un aveu lourd de sens pour un joueur qui reste pourtant présent sur le circuit.
Un corps marqué par les années d'opérations
Le calendrier médical de Kyrgios parle de lui-même. Tout commence avant la saison 2023 : une blessure au genou le contraint à se faire opérer et à manquer l'Open d'Australie. Six mois plus tard, il tente un retour sur gazon à Stuttgart — il est éliminé au premier tour. Puis survient le coup dur : une blessure sérieuse au poignet, qui nécessite plusieurs interventions chirurgicales successives. Il ne rejouera pas avant la première semaine de la saison 2025.
C'est sur son podcast Good Trouble qu'il a mis des mots sur ce que son corps a encaissé.
« J'ai eu quatre opérations, trois chirurgies ces deux dernières années. Je sens que mon corps n'est plus aussi performant qu'avant. »
La franchise est totale. Et elle soulève une question que peu d'observateurs osent poser frontalement : peut-on encore parler de joueur professionnel à part entière quand le corps impose des contraintes aussi lourdes ?
Une présence sur le circuit réduite à son minimum
Les chiffres de participation illustrent la réalité. En 2025, Kyrgios n'a pris part qu'à deux tournois : Brisbane International — où il a joué en simple et en double — et l'Open d'Australie, uniquement en double aux côtés de Thanasi Kokkinakis. Son seul match de simple cette année s'est soldé par une défaite face à Aleksandar Kovacevic à Brisbane. Depuis, plus rien.
La saison sur terre battue ? Il ne devrait pas y participer. Le prochain rendez-vous annoncé, ce sont les tournois sur gazon de Stuttgart et Mallorca. C'est là que ça se joue pour lui : ces deux semaines représentent à la fois un test physique et une fenêtre de visibilité sur la surface qu'il maîtrise le mieux.
Jouer pour les fans : choix ou aveu ?
Ce qui a davantage retenu l'attention, c'est la nature de la motivation qu'il revendique désormais. Kyrgios ne parle plus de résultats, de classement, ni d'objectifs sportifs. Il parle de spectacle et de public.
« Tout ce que je fais maintenant, c'est jouer pour les fans. J'apprécie juste d'aller sur le court pour eux et de mettre le feu, voir les enfants dans les tribunes — c'est pour ça que je joue. »
On peut lire deux choses dans ces mots. D'un côté, une sincérité assumée d'un athlète qui a redéfini ses priorités après des années de douleurs. De l'autre, un aveu implicite : la compétition au plus haut niveau n'est plus l'objectif principal. Ce repositionnement est stratégique, qu'il soit conscient ou non. En se plaçant dans une posture de showman plutôt que de compétiteur, Kyrgios gère l'attente et protège mentalement ce qu'il lui reste à donner.
Stuttgart et Mallorca comme horizon
Le calendrier ne pardonne pas, et Kyrgios le sait mieux que quiconque. Non classé au ranking ATP, il devra passer par des wild cards ou des qualifications pour accéder aux tableaux principaux cet été. La question qui se pose maintenant est simple : dans quel état physique arrivera-t-il sur le gazon européen ?
Stuttgart et Mallorca constituent ses deux repères concrets pour les semaines à venir. Deux tournois sur gazon, surface sur laquelle il avait atteint la finale de Wimbledon en 2022. Ce sont ces échéances qui définiront si Kyrgios peut encore peser sur un tableau, ou si sa présence sur le circuit relève davantage d'une volonté de prolonger l'expérience que d'un projet sportif structuré.




