Marta Kostyuk a publié sur Instagram une vidéo d'entraînement filmée à Kiev, où des sirènes d'alerte aérienne retentissent en arrière-plan. Un geste délibéré, qui dit autant sur la femme que sur la joueuse.
Un message en dehors du terrain
Marta Kostyuk n'a pas attendu une conférence de presse pour s'exprimer. La vidéo publiée sur ses réseaux sociaux parle d'elle-même : raquette en main, sirènes en fond sonore, la joueuse ukrainienne continue de frapper des balles pendant que sa ville est en alerte. Elle choisit Instagram comme tribune, comme elle l'a déjà fait pour documenter la réalité du conflit en Ukraine.
Ce n'est pas un acte spontané. C'est une prise de position. Kostyuk sait exactement l'impact que ces images peuvent avoir, et elle assume ce rôle de porte-voix depuis le début de la guerre. Le tennis est le prétexte. Le message est ailleurs.
Un objectif affiché : le Top 10 en fin d'année
Sur le fond, la joueuse actuellement classée 27e mondiale a livré ses ambitions pour 2026 avec une clarté inhabituelle dans le milieu. Elle veut finir l'année dans le Top 10. Pas comme une formule de circonstance, mais comme un cap assumé.
« Je veux finir l'année dans le Top 10. [...] Ce n'est pas la bonne chose de se focaliser sur le classement, parce que ce qui compte c'est de se développer. Mais c'est quelque chose que je garde en tête. C'est une direction. Parce que si tu n'as pas de direction, tu peux te perdre. »
La formulation est intéressante. Elle assume l'objectif tout en le relativisant — le classement comme boussole, pas comme obsession. C'est là que ça se joue, dans cet équilibre entre ambition affichée et approche centrée sur le jeu. Peu de joueuses assument aussi frontalement un chiffre cible en début de saison.
La poignée de main qui a tout relancé
L'autre sujet qui colle à Kostyuk : sa gestion des adversaires russes. Depuis l'invasion militaire russe en Ukraine, les joueuses ukrainiennes du circuit ont collectivement refusé de serrer la main à leurs homologues russes ou bélarusses après les matchs. Kostyuk a respecté cette ligne avec constance — jusqu'à Rome, où elle a tendu la main à Daria Kasatkina après une victoire 6-4, 6-2.
L'explication donnée : Kasatkina a changé sa nationalité sportive début 2025, passant sous pavillon australien. Ce changement de drapeau a suffi à Kostyuk pour faire une exception. Ce choix a immédiatement provoqué des critiques, certains l'accusant d'hypocrisie au motif que Kasatkina avait, selon eux, exprimé son opposition à la guerre dès le début du conflit, indépendamment de son drapeau de compétition.
La controverse dit quelque chose de plus large : dans ce conflit qui déborde sur les courts, chaque geste de Kostyuk est scruté, interprété, utilisé. Elle le sait. Et elle continue d'agir selon ses propres critères, quitte à s'exposer aux critiques des deux camps.
Une saison 2026 qui prend forme
Sportivement, l'article source indique que Kostyuk avait réalisé un début de saison solide, conclu par une victoire en finale face à Aryna Sabalenka, avant de s'incliner au premier tour de l'Open d'Australie, puis au second tour (round of 16) à Indian Wells et à Miami. Des résultats contrastés, qui replacent l'objectif Top 10 dans une perspective exigeante.
La question qui se pose maintenant : comment Kostyuk va-t-elle gérer la suite du calendrier pour transformer cet objectif affiché en réalité ? Chaque tournoi compte dans la course au classement, et les points à engranger sur les prochaines semaines seront déterminants pour sa crédibilité sur cet objectif de fin d'année.




