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Kostyuk refuse de serrer la main à Potapova à Madrid (2026)

À Madrid, Marta Kostyuk a refusé de serrer la main d’Anastasia Potapova après leur match, malgré le changement de nationalité de cette dernière. L’Ukrainienne a expliqué que sa règle ne concerne pas seulement les passeports, mais aussi les prises de parole publiques.

Adam Hartley
30 avril 2026
4 min
Kostyuk refuse de serrer la main à Potapova à Madrid (2026)

Marta Kostyuk a refusé de serrer la main d’Anastasia Potapova après leur match à Madrid, malgré le changement de nationalité de la joueuse née en Russie et désormais représentante de l’Autriche. La décision s’est appuyée sur un principe que la joueuse ukrainienne a réaffirmé : elle ne serre la main qu’à certaines personnes, et pas à celles qui n’ont pas, selon elle, pris position publiquement.

Le geste au filet, plus politique que sportif

Marta Kostyuk a expliqué qu’elle ne comptait pas serrer la main d’Anastasia Potapova après leur rencontre à Madrid. Depuis le début 2022, les joueuses ukrainiennes ont décidé de ne pas serrer la main des joueuses russes et biélorusses au filet. Dans les faits, la situation de Potapova a créé une zone grise : elle a basculé pour représenter l’Autriche, mais Kostyuk maintenait la même ligne.

Le point clé, dans son explication, a été la différence qu’elle a établie entre changer de passeport et prendre position publiquement. Kostyuk a rappelé que Daria Kasatkina avait aussi changé de représentation, mais qu’elle avait en plus, selon elle, appelé à s’opposer à la guerre. C’est cette combinaison qui a justifié, pour elle, l’exception.

Au moment où Madrid a placé les deux joueuses face à face, Kostyuk a donc choisi de ne pas “réécrire” la règle pour une nationalité désormais différente. En toile de fond, la programmation du WTA 1000 à Caja Magica a offert un rendez-vous direct : une demi-finale qui a mis le vestiaire avant le protocole.

Potapova Autrichienne, Kostyuk inchangée

En marge du match de Madrid, l’histoire de Potapova a été un élément central du contexte. Née à Saratov, elle a décidé de représenter l’Autriche pendant l’intersaison. Techniquement, avant la demi-finale, Kostyuk devait donc affronter une joueuse autrichienne. Mais le refus de serrer la main a montré que, pour l’Ukrainienne, la nationalité seule ne suffisait pas à modifier le cadre.

Ce qui a pesé, c’est la lecture de Kostyuk sur l’engagement public. Elle a soutenu que certains changements de représentation n’avaient pas été accompagnés d’une prise de parole claire, et que cela restait déterminant pour son “respect” envers les autres joueuses. Dans sa logique, le geste au filet n’était pas un détail d’étiquette : il a servi de signal.

Le calendrier de Madrid a aussi rendu le moment plus délicat : le match de demi-finale a placé les deux joueuses dans une étape où l’attention se concentre sur les détails, y compris hors terrain. Et Kostyuk a assumé de prioriser sa ligne personnelle, même lorsque la logique administrative semblait aller dans l’autre sens.

« La seule personne avec qui je serre la main est Daria Kasatkina, parce qu’elle n’a pas seulement changé de passeport : elle a aussi dit qu’elle ne soutenait pas la guerre. C’est pour ça que moi et les autres filles avons décidé de ne pas serrer la main, par respect. »

Un affrontement qui a déjà compté à Madrid

La demi-finale à Madrid a aussi été un rendez-vous de confrontation directe. Kostyuk et Potapova se sont retrouvées pour la cinquième fois. Avant ce match, leur bilan était à égalité, avec un 2-2 dans l’historique. Dans le même temps, Madrid avait déjà pesé : la dernière fois, Kostyuk avait remporté un match à Caja Magica 6-3 6-2.

Ce rappel a compté parce qu’il a montré que, sur une scène comme celle de Madrid, les duels entre les deux joueuses ne se jouaient pas seulement sur l’instant. Il y a eu une continuité dans l’affrontement, même si le sujet du jour a débordé le cadre strict du score. Sur le plan du rapport de force, la rencontre a mis en tension deux réalités : la rivalité sportive et la décision de ne pas “normaliser” le protocole.

Dans un tournoi WTA 1000, chaque détail devient une variable mentale. Kostyuk a choisi de fixer le cadre dès l’après-match, en assumant que la question n’était pas de savoir si Potapova représentait désormais un autre pays, mais de savoir si, selon elle, elle avait pris position.

Ce qui se joue maintenant pour Kostyuk

Après Madrid, l’objectif de Marta Kostyuk s’est resserré sur l’enchaînement du tournoi et sur la suite de la saison, avec un enjeu immédiat en termes de qualification et de calendrier. Sa montée en puissance n’a pas été le sujet : c’est la gestion du moment qui a dominé. Elle a aussi un repère clair : son exception passe par Daria Kasatkina, et le reste du protocole ne sera pas ajusté au gré des changements administratifs.

Le prochain rendez-vous concret, pour la suite de Madrid, a été la demi-finale elle-même, puis la qualification vers la finale du WTA 1000 à Caja Magica. Pour Potapova, la question était identique dans l’autre sens : comment gérer une confrontation où le terrain n’a pas été le seul espace de tension. Dans ce type de match, la pression n’a pas attendu la fin du dernier set.

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