Joao Fonseca a parlé de la pression née de sa percée et de la comparaison permanente avec Roger Federer, avant les Masters 1000 de Rome. À 19 ans, le Brésilien a assumé que le bruit autour de son nom l’avait longtemps gêné, tout en expliquant pourquoi il s’était adapté au fil du calendrier sur terre battue.
Le choix de Rome n’a rien d’un hasard : il a enchaîné les étapes du swing sur terre battue et il a voulu confronter son jeu à un niveau de régularité plus exigeant. Pour situer la scène, il a signé son meilleur résultat à Monte-Carlo en avril, avec un premier quart de finale, et il a déjà affronté des joueurs du haut du classement sur plusieurs Masters 1000. Il a aussi laissé une trace récente à Madrid : Fonseca perd contre Jodar 6-7(4) 6-4 1-6.
La comparaison avec Federer, un poids dès le départ
Dans sa façon de raconter son ascension, Fonseca n’a pas cherché à enjoliver. Il a expliqué que les attentes avaient été difficiles à absorber et que beaucoup l’avaient projeté sur une trajectoire immédiate, en le rapprochant de Federer. C’est là que ça se joue : quand le public décide d’avance du scénario, le joueur doit trouver une marge de manœuvre mentale pour rester maître de son propre rythme.
Il a aussi décrit le mécanisme qui l’a ralenti : l’idée qu’on attendait une forme de grandeur instantanée. Cette pression s’est installée au moment où il gagnait en visibilité, après un parcours remarquée sur les tournois Challenger et les ATP. Et à l’arrivée, ce n’est pas le niveau qui a fait peur, c’était le regard extérieur.
« Les gens pensaient que je deviendrais Roger Federer du jour au lendemain. »
Rome : une surface plus lente, une logique de développement
Fonseca a mis en avant un point très concret : à Foro Italico, il a cherché des conditions qui correspondent à son jeu. Il a décrit un court plus lent, où il peut produire plus de vitesse sans que la balle ne parte trop loin. Autrement dit, il a choisi l’environnement qui lui donne des repères plutôt que de subir le décor.
Ce choix s’est accompagné d’une programmation assumée. Il a expliqué qu’il découvrait encore certains tournois, et qu’il avait besoin de comprendre ce qu’il faut pour être constant à très haut niveau. Dans la base de ses matchs récents, on retrouve cette alternance de résultats : Fonseca bat Cilic 0-0, Fonseca perd contre Shelton 3-6 6-3 3-6, Fonseca bat Rinderknech 6-3 6-2, Fonseca bat Tabilo 7-6(1) 6-3. Un panel, pas une tendance.
Le corps et le mental : ce qu’il a changé en 2026
Sur ce point, Fonseca a donné des repères clairs. Il a reconnu qu’il se sentait plus complet qu’en 2025, en pointant des progrès techniques, physiques et mentaux. Il a aussi rappelé que 2026 était une deuxième année pleine sur le circuit, avec une phase de découverte encore active.
En parallèle, il a géré la réalité du calendrier : il a indiqué un bilan de 10-8 en 2026, après des problèmes physiques en début de saison. Et sur le plan du tournoi, il a évoqué le fait d’avoir un parcours à construire en gardant une approche plus saine de ses objectifs.
Il a aussi laissé entendre une intention : se servir de Rome pour se projeter vers Roland-Garros. C’est un enchaînement logique pour un joueur qui veut verrouiller ses repères avant les semaines à plus gros enjeux.
Le prochain test à Rome : Felix Auger-Aliassime
À Rome, la trajectoire probable se dessine déjà avec un possible rendez-vous au 3e tour contre le 4e tête de série Felix Auger-Aliassime. Le défi sera de rester dans son plan, sans se laisser aspirer par la pression liée à son nom.
Le prochain match de Fonseca à Rome se jouera dans le tableau principal à venir, avec un objectif immédiat : avancer de tour en tour et consolider sa place dans le top 30. Il va falloir trancher, à chaque tour, entre l’envie de plaire et la nécessité de progresser, point par point.




