Interview

Iga Swiatek veut changer ses choix à Madrid

Iga Swiatek a reconnu que sa prise de décision devait évoluer avant le Madrid Open. Elle attribue sa prochaine étape à un coaching espagnol avec Francisco Roig et vise un jeu plus « grinder ».

Adam Hartley
22 avril 2026
4 min
Iga Swiatek veut changer ses choix à Madrid

Iga Swiatek a admis que ses décisions de jeu « doivent changer » avant le Madrid Open, après un début de saison jugé délicat et un changement au sein de son staff. La Polonaise a expliqué pourquoi le travail avec un entraîneur espagnol, Francisco Roig, devait l’aider à mieux gérer les échanges longs et à réduire le risque quand ce n’est pas nécessaire.

Iga Swiatek a parlé de ce point avec franchise lors de sa conférence de presse préalable au tournoi. Elle a aussi replacé sa réflexion dans un contexte très concret : des ajustements ont été travaillés avec Francisco Roig, et l’objectif affiché a été clair, rendre ses choix moins « brusques » dans les moments charnières.

Un constat après des choix jugés trop rapides

À Madrid, Swiatek est arrivée avec une idée directrice : elle a estimé que sa prise de décision devait évoluer. Dans son discours, elle a pointé le fait qu’elle a pu, par le passé, prendre des décisions trop hâtives dans les échanges, notamment lorsqu’elle jouait le sixième ou le septième coup d’une séquence.

Ce décalage, elle l’a relié à un besoin de fond : devenir davantage une « grinder », une joueuse capable d’absorber la pression en échangeant longuement. Le message était aussi une mise en garde sur le risque : tous les points n’exigent pas d’en faire trop, et elle a dit vouloir choisir quand elle doit attaquer et quand elle doit simplifier.

Dans ses cinq derniers matchs fournis, elle a alterné des scénarios contrastés, avec une défaite contre Linette (1-6 7-5 6-3) et une défaite contre Svitolina (6-2 4-6 6-4). À l’inverse, elle a remporté des matchs plus nets, dont une victoire contre Muchova (6-2 6-0), contre Sakkari (6-3 6-2) et contre Day (6-0 7-6(7)).

Pourquoi Francisco Roig, et pas seulement un changement de nom

Swiatek n’a pas présenté l’arrivée de Francisco Roig comme un simple changement de coach. Elle a expliqué que « le coaching espagnol » lui paraissait utile parce que, selon elle, les joueurs issus de ce système sont « solides » et se battent « pour chaque point ». Elle a aussi mis en avant la capacité à rester prêt pour les échanges longs.

Dans sa logique, ce n’était donc pas une rupture esthétique, mais un alignement d’objectifs. Elle a dit avoir les mêmes ambitions avec Francisco Roig, notamment sur la façon d’aborder les rallyes prolongés et sur la manière d’éviter de prendre trop de risques quand la situation ne le réclame pas.

Ce choix de programmation s’est aussi accompagné d’une décision d’équipe : Swiatek a quitté Wim Fissette après une défaite au Miami Open dès le premier match, puis Francisco Roig l’a remplacée. Et dans leur premier tournoi ensemble, la Polonaise a affronté Laura Siegemund à Stuttgart avant un match plus compliqué contre Mirra Andreeva.

Le match qui a fait mal : un avantage à gérer

À Stuttgart, Swiatek a battu Laura Siegemund dans son premier match, mais elle a ensuite laissé filer un avantage contre Mirra Andreeva. Elle a perdu après avoir mené 2-0 au début du troisième set, avec un résultat final de 3-6 6-4 6-3 pour la Russe.

Ce qui l’a particulièrement frustrée, d’après ses propres mots rapportés, a été l’opportunité manquée au moment où elle avait un break point pour prendre un double break dans le set décisif. Le détail est important : ce n’est pas seulement le fait de perdre, c’est la sensation d’avoir eu une marge et de l’avoir mal exploitée.

Cette lecture rejoint exactement son thème central à Madrid : elle a parlé de décisions à corriger, de moments où elle a pu se précipiter dans la séquence du rallye. Le chantier est donc mental et tactique dans la façon de choisir le bon degré de prise de risque, pas seulement physique.

Madrid : bye au premier tour, Kasatkina en ligne de mire

À Madrid, Swiatek a un statut favorable sur le papier : elle est tête de série n°4 et elle a un bye au premier tour. Son prochain adversaire, si le tableau suit son cours, a été indiqué : elle rencontrera Daria Kasatkina au deuxième tour.

Le choix de jouer avec Francisco Roig prend alors une dimension immédiate. Le premier match à enchaîner n’est pas un détail : c’est une entrée dans le tournoi où la Polonaise devra concrétiser son axe de travail sur la décision, surtout dans les échanges longs. « Le grinder » qu’elle veut devenir ne se décrète pas : il se valide point après point.

La question qui se pose maintenant est simple : est-ce que ses choix au sixième ou septième coup de rallye seront plus posés, et est-ce qu’elle saura doser le risque quand elle aura une chance de faire la différence sans se mettre en danger. Le calendrier ne pardonne pas, et à Madrid, chaque décision compte dès le deuxième tour.

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