Coco Gauff aborde l'Indian Wells Masters 1000 avec un tableau de route accessible sur le papier, mais une problématique persistante qui pourrait tout changer : son service. À 21 ans et quatrième mondiale, elle arrive dans ce tournoi en quête d'un premier titre, pour sa sixième participation sans jamais atteindre la finale.
Un chemin balisé, mais pas sans pièges
Exemptée de premier tour, Coco Gauff devrait ouvrir sa campagne face à Bianca Andreescu, elle aussi lauréate d'un Grand Chelem. Dès le deuxième tour, une rencontre avec Alexandra Eala se profile — une joueuse montante contre laquelle Gauff s'est déjà imposée 6-0 6-2 lors de leur dernier duel. En huitièmes de finale, la tête de série numéro 14 Linda Noskova pourrait barrer la route.
Les quarts de finale projettent un scénario intéressant : une potentielle revanche contre Jasmine Paolini, qui avait affronté Gauff en finale du tournoi de Rome l'an dernier. Et si l'Américaine va plus loin, elle trouverait en demi-finale la première tête de série Aryna Sabalenka. En cas de finale, les noms d'Iga Swiatek et Elena Rybakina sont évoqués. C'est là que ça se joue : le haut du tableau est redoutable, le bas un peu plus ouvert.
103 doubles fautes en 14 matchs : le chiffre qui fait mal
Le vrai sujet, c'est le service. Sur les 14 matchs disputés depuis le début de saison, Gauff a cumulé 103 doubles fautes pour seulement 19 aces. Des chiffres qui ne laissent pas de place à l'interprétation. À Dubaï, elle avait encaissé 48 doubles fautes à elle seule sur le tournoi, atteignant malgré tout le dernier carré avant de s'incliner face à Elina Svitolina.
C'est en marge de ce match que la scène la plus révélatrice de la saison s'est produite. Après avoir servi une double faute, Gauff s'adressa directement à Gavin MacMillan, son coach en biomécanique recruté avant l'US Open de l'année passée, pour travailler précisément ce coup.
« J'ai fait tout ce que tu voulais depuis 6 mois... »
Une phrase courte, mais lourde de sens. Elle dit quelque chose sur l'état du travail en cours, et sur la frustration accumulée. MacMillan est là pour corriger un geste, mais le service de Gauff résiste aux ajustements.
Deux semaines de préparation : le pari MacMillan
Depuis Dubai, Gauff et son staff ont eu deux semaines pour travailler avant Indian Wells. La question n'est pas de savoir si elle est capable de performer dans ce tournoi — son tableau le lui permet. La vraie interrogation, c'est de savoir si ces quinze jours de préparation ont suffi à stabiliser un geste qui coûte des points à chaque match.
Le choix de conserver MacMillan malgré une saison compliquée sur ce plan est lui-même un pari stratégique. Changer de méthode en cours de tournoi serait risqué. Rester le cap, c'est parier sur la continuité — et espérer que le travail finisse par payer. On lit entre les lignes une équipe qui a fait le choix de la patience.
Une fenêtre à saisir sur dur
Le contexte est favorable à Gauff. Sur surface dure, dans un tournoi qu'elle connaît bien pour y avoir participé cinq fois, avec un tableau qui évite les confrontations les plus difficiles en début de parcours. Mais le service reste la variable indépendante de toute projection.
Si Gauff parvient à contenir ses doubles fautes, son chemin jusqu'en demi-finale est réaliste. En revanche, si les problèmes perdurent, une Noskova en huitièmes ou une Paolini en quarts pourrait mettre fin prématurément à l'aventure. Le calendrier ne pardonne pas : Indian Wells, c'est maintenant, et le travail est censé être fait. Son premier match face à Andreescu donnera une première réponse sur l'état réel de son service.




