Coco Gauff s'est qualifiée pour la finale du Miami Open après une demi-finale maîtrisée face à Karolina Muchova, conclue sur le score de 6-1, 6-1 le 26 mars. L'Américaine de 22 ans retrouvera Aryna Sabalenka pour le titre. Mais c'est un détail vestimentaire inattendu qui a autant fait parler que sa performance.
6-1, 6-1 : un score trompeur
Coco Gauff a balayé Muchova en deux sets sans concéder la moindre accalmie, mais elle a tenu à recadrer l'interprétation de ce résultat. Parlant à la presse après le match, l'Américaine a confié que le score ne reflétait pas la complexité réelle de l'affrontement.
« Ce n'était pas aussi simple que le score le laisse penser. Je n'étais pas nerveuse, mais quand on joue quelqu'un autant de fois, c'est difficile de continuer à faire ce qu'on a fait, tout en changeant les choses. Aujourd'hui, j'ai trouvé le bon équilibre. »
Les statistiques du match confirment une domination nette : 69 % de premières balles réussies pour Gauff, contre 65 % pour la Tchèque qui a également cumulé cinq doubles fautes. Ce n'est pas tant la puissance brute qui ressort, mais une gestion d'ensemble cohérente de bout en bout.
Ce qui frappe, c'est la lucidité avec laquelle Gauff parle d'un adversaire qu'elle connaît bien. Pas d'euphorie, pas de triomphalisme — juste la conscience que chaque match contre Muchova impose ses propres ajustements.
Le chapeau qui ne devait pas durer
Tout avait commencé par un caprice matinal. Gauff avait enfilé sa casquette New Balance 6 Panel Performance à l'entraînement, simplement parce qu'elle ne souhaitait pas coiffer ses cheveux ce jour-là. Elle gagna ensuite son premier match du tournoi, et la suite fut dictée par une logique de superstition sportive.
« J'en ai qu'une seule, alors je la lave tous les jours depuis que je suis à la maison. New Balance n'a jamais pensé à m'en envoyer parce que je ne porte pas de casquettes — et en fait, je leur avais demandé d'arrêter d'en envoyer. Mais je pense que c'est une exception. »
Le rituel s'est donc installé : une seule casquette, lavée chaque soir, remise chaque matin. Gauff a plaisanté sur l'absence de réaction de son équipementier, qui ne lui en a pas fourni d'autre. La superstition du sportif de haut niveau prend parfois des formes très concrètes.
Elle a tout de même tenu à préciser qu'elle n'aimait pas son apparence sur les photos avec cette casquette — mais que l'essentiel était ailleurs. « Elle a fait le travail cette semaine, et elle est à la retraite après ça », a-t-elle déclaré avec le sourire. Sauf si elle remporte la finale : dans ce cas, elle envisage de la conserver sur la tête pour la cérémonie, en référence au masque iconique arboré par LeBron James.
Miami comme terrain familier
À l'extérieur du court, Gauff a souligné le confort particulier de jouer à domicile. Selon les soirs, elle alterne entre sa propre maison et celle de ses parents, qui habitent à proximité du site. Ce cadre, elle ne le prend pas pour acquis.
« C'est vraiment agréable d'être chez moi », a-t-elle dit. Le soutien familial comme ancrage, la proximité avec ses proches comme routine préservée au milieu d'une semaine de compétition intense — c'est un contexte que peu de joueuses peuvent revendiquer sur un tournoi de cette envergure.
Pour parvenir en finale, Gauff avait auparavant battu Belinda Bencic (6-3, 1-6, 6-3) et Sorana Cirstea (6-4, 3-6, 6-2), dans des matchs qui ne furent pas tous linéaires. La victoire contre Bencic, notamment, avait demandé un troisième set pour conclure.
La finale, et l'enjeu Sabalenka
En face, Aryna Sabalenka. Gauff n'a pas cherché à minimiser l'obstacle. Elle sait que battre la Bélarusse est le type de victoire qui détermine, à terme, où l'on se situe dans la hiérarchie mondiale. À ce stade de sa carrière, chaque finale contre une joueuse du calibre de Sabalenka est aussi un test de positionnement.
La rencontre aura lieu dans les prochains jours à Miami, sur dur, et représente pour Gauff une occasion de s'adjuger le titre sur un tournoi qu'elle joue à domicile. Un titre ici, dans ce contexte-là, aurait une saveur particulière — et peut-être une casquette sur la tête pour immortaliser le moment.




