Roland-Garros approche et Novak Djokovic (quatrième) débarquait avec une seule certitude : le tableau du Grand Chelem en simple sur terre battue allait exiger un corps prêt dès les premiers jours. Alex Corretja a mis le projecteur sur le point le plus délicat : le rythme et la condition physique, plus que le talent ou l’expérience.
Pour Corretja, le problème ne s’est pas joué sur la qualité du jeu. Il s’est joué sur la transition. Alex Corretja a expliqué que l’enchaînement entre une compétition limitée et les exigences physiques d’un Grand Chelem en cinq manches a posé une équation compliquée, même pour un joueur installé depuis longtemps au plus haut niveau.
Le corps avant le niveau
Corretja a insisté sur une réalité très concrète : à Roland-Garros, il faut tenir dans la durée. Sur deux semaines, les matchs s’étirent, les échanges s’accumulent et la terre battue augmente l’intensité. Résultat : l’entrée dans le tournoi ne pardonne pas si la récupération n’a pas été gérée au millimètre.
Il a aussi pointé le manque de repères. Avec seulement quelques tournois au compteur sur la partie 2026, Djokovic n’avait pas eu autant de matchs qu’il aurait pu enchaîner pour verrouiller son rythme. Et Corretja a trouvé ça insuffisant pour évaluer sereinement l’état réel du Serbe avant d’attaquer un format best-of-five.
Du côté du terrain, les derniers résultats de Novak Djokovic ont livré un signal brut, pas une lecture en tendance. Il a perdu contre Prizmic 6-2 2-6 4-6, puis il a perdu contre Draper 6-4 4-6 6-7(7). Ensuite, il a battu Kovacevic 6-4 1-6 6-4 et Majchrzak 4-6 6-1 6-2, avant une défaite contre Alcaraz 6-2 2-6 3-6 5-7.
Pourquoi Paris était un choix logique
Corretja a raconté pourquoi Djokovic n’a pas suivi le chemin le plus attendu. Il a espéré voir le Serbe ajouter un tournoi à son calendrier et récupérer des minutes de match. Mais Djokovic a choisi de se diriger directement vers Paris et d’y travailler à l’entraînement.
Ce choix a une logique de vestiaire : quand le rythme n’est pas acquis, on tente de construire une cohérence sur la durée restante. Corretja a décrit l’objectif : utiliser les premiers tours pour retrouver quelque chose de stable, puis s’installer dans le niveau qui permet de durer.
La programmation a donc été le levier. Si Djokovic démarrait le tournoi physiquement affûté, Corretja a estimé que peu de joueurs seraient capables de le faire tomber. Mais si la condition n’était pas au rendez-vous, le moindre rival pouvait devenir dangereux, dès les premiers matches.
Le message de Corretja : une incertitude assumée
Corretja a résume la difficulté avec une phrase simple, très parlante pour un joueur qui a déjà traversé des éditions exigeantes. Il a rappelé qu’il n’était pas évident de passer d’une compétition très limitée à des duels en cinq sets, où l’endurance et la récupération pèsent autant que le jeu.
« Je ne sais pas comment il se sent physiquement ni s’il est prêt. Ce n’est pas facile de passer de presque rien jouer à des matchs en cinq sets à Roland-Garros. »
Ce qui ressort, c’est le calendrier interne de Djokovic : il a assumé un pari. Et à Paris, ce pari ne se juge pas sur un seul set ou un seul échange, mais sur la capacité à enchaîner sans décrocher. Sur terre battue, la marge de manœuvre est vite réduite quand le corps n’a pas trouvé son rythme.
La suite probable se jouait donc avant même le premier tour : Djokovic devait arriver avec un niveau tenu dans la durée. Le prochain adversaire et la date exacte du prochain match dépendaient du tirage du tableau principal de Roland-Garros 2026, mais l’objectif restait clair : s’installer vite, puis sécuriser le chemin vers les tours suivants.




