Iga Swiatek a officialisé la fin de sa collaboration avec Wim Fissette et l'arrivée de Francisco Roig à ses côtés, l'ex-coach de Rafael Nadal pendant dix-sept ans. Une décision qui n'a pas échappé à Danielle Collins, qui juge ce tandem potentiellement redoutable pour le reste du circuit.
Une rupture après Miami, une décision immédiate
Iga Swiatek (#4 mondiale) a tranché vite. Après sa défaite d'entrée à Miami face à Magda Linette — battue 1-6 7-5 6-3 au premier tour — et un bilan de 12 victoires et 6 défaites en 2026, la Polonaise a mis fin à son association avec Fissette. Quelques jours plus tard, le nom de Roig était annoncé.
Fissette, de son côté, a reconnu publiquement que la collaboration n'avait pas été simple. Les attentes autour d'une joueuse de ce niveau constituent une pression à part. Un an et demi ensemble, un titre à Wimbledon, et pourtant : pas assez pour la suite.
C'est là que ça se joue, dans ce type de décision froide. Swiatek ne s'est pas donné le temps de douter. Elle a coupé, et elle a choisi précisément.
Roig : le profil qui correspond au niveau exigé
Le choix de Francisco Roig n'est pas anodin. Dix-sept ans aux côtés de Rafael Nadal, l'un des palmarès d'entraîneur les plus lourds du circuit — c'est le profil que Swiatek est allée chercher. Pas un technicien lambda. Un homme qui a vécu les grandes finales de l'intérieur, saison après saison.
Collins l'a analysé sans détour sur Tennis Channel. Pour elle, le raisonnement est simple : quand on a accumulé ce niveau de succès, on ne peut plus travailler qu'avec quelqu'un qui a opéré au même étage.
« Quand on a eu le succès qu'Iga Swiatek a eu, à un jeune âge, avec tous ces Grand Chelems [...] la seule personne avec qui on peut travailler à ce stade, c'est quelqu'un qui a été au plus, plus, plus haut niveau. Donc ça va faire peur à tout le monde sur le circuit de voir ce qui attend Iga avec ce nouveau coaching. »
Le mot « scary » n'est pas choisi par hasard. Collins connaît Swiatek de l'intérieur du vestiaire — elle l'a affrontée, elle a perdu 2-6 3-6 contre elle. Elle sait ce que la Polonaise vaut quand tout est aligné.
Stuttgart en ligne de mire pour relancer la machine
Le calendrier indique Stuttgart dans une semaine. Danielle Collins, elle, n'a pas à se préoccuper de ce programme-là. Mais pour Swiatek, c'est le premier test concret de cette nouvelle configuration. Stuttgart, c'est la terre battue, c'est son terrain de prédilection historique, et c'est un tournoi qu'elle a remporté à deux reprises.
Roig sera dans le box pour la première fois en conditions de match. La saison sur terre battue, qui mène directement à Roland-Garros, est le vrai banc d'essai de cette collaboration. La question qui se pose maintenant : combien de temps faut-il à un duo pour trouver ses repères dans le feu du jeu ?
Un choix stratégique à fort impact symbolique
Au-delà du technique, cette décision envoie un signal. Swiatek n'a pas pris un jeune coach prometteur. Elle est allée chercher une référence absolue, un homme associé à la longévité et aux grands titres. C'est une décision de leadership, pas de panique.
Le timing aussi mérite d'être noté. Choisir de changer de coach en plein mois d'avril, à quelques semaines de Roland-Garros, c'est prendre un risque calculé. Soit l'association produit ses effets rapidement, soit la saison sur terre battue sera un apprentissage. Dans les deux cas, le reste du circuit sera attentif.
Stuttgart dès la semaine prochaine, puis les enchaînements habituels vers Paris. Swiatek aborde cette séquence avec un statut de championne de Wimbledon en titre et un classement de quatrième mondiale à préserver — voire à améliorer. Roig, lui, entre dans une nouvelle ère à 58 ans. Les premiers résultats ensemble diront si Collins avait raison de prévenir le circuit.




