Le débat sur l'introduction des cinq sets pour les femmes en Grand Chelem revient sur le devant de la scène. Tim Henman a pris position clairement contre cette idée, estimant que d'autres chantiers méritent une attention plus urgente. Avant lui, Craig Tiley, directeur général de Tennis Australia, avait relancé la discussion en proposant d'étendre le format trois sur cinq sets aux quarts, demi-finales et finales du circuit féminin.
La proposition Tiley : un calendrier des Grands Chelems à revoir ?
C'est Craig Tiley qui a mis le sujet sur la table. Le patron de l'Open d'Australie juge que faire disputer les derniers tours du tableau féminin en cinq sets ajouterait une dimension supplémentaire à des rencontres déjà attendues. Son argument : certains matchs de fin de tableau auraient pris une autre ampleur avec un set supplémentaire en jeu.
« Je pense qu'il devrait y avoir un format trois sur cinq sets pour les femmes [...] lors des quarts, des demis et des finales. C'est quelque chose que nous devons mettre à l'ordre du jour et aborder avec les joueuses. »
Tiley reconnaissait lui-même ne pas savoir si les joueuses adhéreraient à l'idée. La réponse ne s'est pas fait attendre : la grande majorité des joueuses concernées s'est montrée opposée au changement. Certaines ont même retourné l'argument, suggérant que le circuit masculin devrait plutôt aligner son format sur celui des femmes.
Henman : « Les Grands Chelems fonctionnent très bien »
Tim Henman, aujourd'hui figure reconnue du tennis britannique et commentateur régulier du circuit, a réagi à la proposition dans un entretien accordé à Tennis365. Sa position est sans ambiguïté : modifier le format des Grands Chelems ne lui semble pas nécessaire.
« Je ne pense pas que nous ayons besoin de faire ça, du point de vue de l'histoire et de la tradition. Les Grands Chelems fonctionnent très bien. Il y a beaucoup d'autres changements que je ferais dans ce sport avant de toucher aux Grands Chelems. »
Ce qui frappe, c'est que Henman ne s'arrête pas là. Plutôt que de défendre un statu quo par principe, il identifie un problème qu'il juge autrement plus pressant : la lisibilité du calendrier pour les joueurs et le public.
Le calendrier, le vrai dossier selon Henman
C'est sur la surcharge du calendrier que l'ancien numéro un britannique appuie avec le plus de conviction. Il cite le mois de février comme exemple d'une programmation devenue difficile à suivre pour les spectateurs, avec des tournois simultanés sur plusieurs continents — Doha, Dubaï, Rotterdam, Acapulco, Buenos Aires — dont la cohérence globale lui échappe.
« Le calendrier doit être revu. [...] Je comprends pourquoi les Masters 1000 sont passés à douze jours, mais je ne pense pas que ce soit favorable à un bon calendrier pour les joueurs. Je changerais définitivement le calendrier pour m'assurer que tout le tennis que l'on regarde soit pertinent. »
Il rejoint en cela une préoccupation exprimée de longue date par plusieurs joueurs et joueuses du circuit, qui dénoncent un enchaînement de tournois trop dense, parfois au détriment de la récupération et de la compétitivité des matchs.
Sabalenka, une voix qui évolue
Du côté des joueuses, la position n'est pas totalement monolithique. Aryna Sabalenka, qui s'était d'abord montrée réticente à l'idée des cinq sets, a récemment indiqué qu'elle se sentait physiquement prête à envisager ce format différemment. Une évolution notable, même si elle reste minoritaire parmi les réactions enregistrées sur le circuit féminin.
Le débat est ouvert, mais il se heurte à un obstacle concret : ni les instances dirigeantes de l'ATP ni les organisateurs de tournois ne semblent convaincus qu'un tel changement apporterait davantage qu'il ne compliquerait. Pour l'heure, aucune décision formelle n'a été annoncée, et le sujet reste au stade de la discussion. Les joueuses, elles, continuent d'évoluer dans le format actuel, en attendant que la question soit tranchée — si elle l'est un jour.




