Un premier tour gagné contre Kayla Day (6-4, 6-3), et les yeux qui s'embuent au micro. À Charleston, sur la terre battue qu'elle avait dû quitter blessée l'an passé, Paula Badosa a vécu un retour chargé d'émotion, avant d'affronter Maria Sakkari en huitièmes de finale.
Le poids du retour
Paula Badosa l'avait confié en conférence de presse avant le tournoi : elle avait déchiré son labrum l'année dernière. Une révélation qui faisait suite à un message public sur sa santé mentale, écrit quelques jours après sa défaite sévère contre Iva Jovic à Miami, dans lequel elle admettait se sentir « perdue ». Elle avait aussi évoqué la peur de ne jamais atteindre ses objectifs de carrière, ou de se retrouver à nouveau sur la table d'opération.
Le contexte est important pour mesurer ce que représentait ce premier match à Charleston. L'an passé, la joueuse espagnole n'avait pas pu y participer en raison de cette blessure. Retrouver le court, dans un tournoi qu'elle dit affectionner particulièrement, n'avait donc rien d'anodin.
Face au micro, les mots ont manqué
Quand l'intervieweuse lui demanda, sur le court, ce que représentait le fait d'être là, en bonne santé, capable de se déplacer librement, Badosa n'eut pas le temps de composer sa réponse. Les émotions la devancèrent.
« Je suis très émue. Ne me faites pas ça. Ça représente tout pour moi. J'étais très très triste l'année dernière. J'ai dû me retirer de ce tournoi à cause de la blessure. Revenir aujourd'hui, ça m'a fait vraiment du bien. C'est un tournoi très spécial pour moi. J'adore le public. Ils sont toujours super bienveillants. Ils ont tellement de passion pour le tennis. Pour moi, c'est l'un de mes stops préférés de l'année. Je l'apprécie vraiment. »
Ce qui frappe, c'est la sincérité du moment. Pas une formule de façade après une victoire, mais une réaction spontanée, presque à contre-courant de l'exercice médiatique. Charleston, le public, l'atmosphère — autant de repères qu'elle retrouvait après une longue absence forcée.
Une victoire qui compte double
Sur le plan sportif, la victoire face à Day (6-4, 6-3) reste solide, sans avoir à la magnifier. Elle visait ensuite la qualification pour la suite du tournoi face à Maria Sakkari en huitièmes de finale.
À 28 ans, après une saison marquée par les incertitudes physiques et les doutes qui les accompagnent, chaque victoire récupère un sens particulier. Pas celui de l'exploit, mais celui de la continuité. Continuer à jouer, à gagner, à exister sur le circuit après les interruptions. Badosa allait ensuite affronter Maria Sakkari en quart de finale, un test majeur dans sa quête de régularité.
La suite à Charleston
En quart de finale, Badosa n'a pas réussi à poursuivre son élan face à un adversaire de haut niveau. Classée actuellement au 85e rang mondial — bien loin de son meilleur classement en carrière de numéro 2 mondial — Badosa repart de Charleston avec des points importants et, surtout, avec la confirmation que son corps peut répondre présent sur au moins deux matchs consécutifs. Les prochaines semaines sur terre battue constitueront un vrai test de régularité pour une joueuse qui cherche à reconstruire sa place sur le circuit.




