Le rêve n'aura pas duré longtemps. Stan Wawrinka, qui espérait croiser la route de Carlos Alcaraz au deuxième tour du Monte-Carlo Masters, s'est incliné dès le premier tour ce 6 avril, battu 7-5, 7-5 par son adversaire du jour sur la terre battue de Monaco. Une élimination qui referme une parenthèse avant même qu'elle ne s'ouvre.
Un duel rêvé, une sortie prématurée
Dans les jours précédant le tournoi, Carlos Alcaraz avait confié son enthousiasme à l'idée d'affronter le Suisse en compétition officielle. Les deux hommes s'étaient entraînés ensemble, et le numéro un mondial n'avait pas caché son désir de partager le court avec lui, au moins une fois, dans un contexte de match.
« J'aimerais vraiment jouer contre Stan, honnêtement, et ça pourrait se passer ici. J'ai eu l'occasion de m'entraîner avec lui hier, c'était incroyable de partager le court avec lui. Espérons que je pourrai jouer au moins un match contre lui, pour pouvoir dire que j'ai affronté une légende comme Stan. »
De son côté, Stan Wawrinka avait exprimé une attente similaire, teintée de l'émotion propre aux adieux.
« I've been saying it for years: I dream of playing against him. If it could be here, it would be magical. He's one of the few I've never played. What he does on court seems exceptional to me. He takes tennis to another level. As an athlete, being able to face him in an official match would be an incredible opportunity. »
Ce match-là n'aura pas lieu, du moins pas à Monte-Carlo. Wawrinka n'est pas passé l'obstacle du premier tour.
Un match serré que Wawrinka n'a pas su retourner
Sur le plan comptable, la rencontre fut équilibrée dans ses grandes lignes : deux sets identiques (7-5, 7-5), un score qui dit autant la compétitivité du Suisse que son incapacité à conclure dans les moments décisifs. Wawrinka termina avec 4 aces et 4 doubles fautes, pour 52% de premières balles. Baez, lui, convertit 6% de ses balles de break contre 4% pour le Suisse — une différence ténue, mais suffisante sur la durée.
Ce sont ces petits écarts, accumulés sur deux sets, qui ont dessiné le résultat. Wawrinka n'a jamais semblé hors du match, mais il n'a pas trouvé le levier pour inverser le cours des choses.
Le temps long d'une carrière qui se termine
Il y a quelques semaines, Wawrinka avait officialisé sur Instagram ce que beaucoup pressentaient : la saison 2026 serait la dernière. À 41 ans, le Suisse aborde chaque tournoi avec la conscience que le calendrier se resserre.
« Il reste encore beaucoup de chemin, mais c'est vrai que dans le moteur, il n'y a plus ce qu'il faut pour continuer à tout faire — surtout si l'on veut rester à un niveau correct. Le plaisir est toujours là. Sinon, je ne serais tout simplement pas là. »
Ce qui frappe, c'est la lucidité avec laquelle il parle de ces derniers mois. Pas de nostalgie performative, pas de déni. Wawrinka sait exactement où il en est, et ce que cette dernière saison représente : une façon de clore un livre ouvert il y a plus de vingt ans.
L'élimination face à Baez à Monte-Carlo s'ajoute à d'autres résultats récents : une défaite contre De Minaur (6-4, 6-2), une victoire contre Boogaard (6-3, 6-4), une défaite contre Medvedev (6-2, 6-3), une victoire contre Hassan (7-5, 6-3). Le tableau est celui d'un joueur qui se bat encore, qui prend des sets, qui gagne des matches — mais qui évolue désormais dans un contexte où chaque victoire compte davantage que jamais.
Alcaraz, lui, continue sa route
Pour le numéro un mondial, Monte-Carlo reprend donc son cours sans ce rendez-vous symbolique avec l'histoire. Alcaraz, qui a lui-même connu des résultats contrastés lors de ses dernières sorties — une défaite contre Korda (6-3, 5-7, 6-4), une défaite contre Medvedev (6-3, 7-6(7)), une victoire contre Fonseca (6-4, 6-4) — devra trouver ses repères sur la terre battue monégasque.
La promesse d'un match contre Wawrinka reste en suspens. Il reste d'autres tournois au calendrier 2026, et le Suisse est encore là. Peut-être que le sort offrira une autre occasion. Peut-être pas. Monte-Carlo, en tout cas, ne sera pas ce chapitre-là.
Alcaraz poursuit son parcours dans le tableau. La suite de son Monte-Carlo se jouera dans les prochains jours, avec en toile de fond la défense de sa position de numéro un mondial, dans une saison où Jannik Sinner n'a pas manqué d'affirmer sa présence au plus haut niveau.




