Après son élimination au Miami Open face à Sebastian Korda, Carlos Alcaraz se retrouve au cœur d'un débat qui dépasse le simple résultat d'un match : celui de la gestion de son calendrier. Greg Rusedski, ancien numéro un britannique, estime que l'Espagnol joue trop et s'appuie sur l'exemple de Roger Federer pour étayer son propos.
Miami, le match de trop ?
Carlos Alcaraz, numéro un mondial, s'est incliné face à Korda sur le score de 6-3, 5-7, 6-4 au Hard Rock Stadium. Quelques semaines plus tôt, à Indian Wells, c'est Daniil Medvedev qui l'avait écarté sur 6-3, 7-6. Deux sorties prématurées lors des deux Masters 1000 nord-américains consécutifs, ce qui n'a pas manqué d'alimenter les interrogations sur son niveau en mars.
Rusedski pointe une explication structurelle : à ce stade de sa carrière, chaque pourcentage compte. « Si tu baisses de 2 ou 3 %, tu te retrouves dans le lot, et des joueurs comme Arthur Fils peuvent entrer dans la bagarre », a-t-il expliqué. L'analyse est froide, mais elle repose sur une réalité observable : au sommet du circuit, les marges sont infimes.
Le modèle Federer, référence absolue
Pour illustrer son propos, l'ancien joueur britannique a convoqué l'exemple de Roger Federer, dont la longévité au plus haut niveau reste une référence. Rusedski rappelle que le Suisse avait fait de la sélection de ses tournois un principe cardinal, s'assurant d'arriver frais et affûté sur les grandes scènes.
« C'est là que Federer était un vrai maestro, et c'est pourquoi il a eu une carrière aussi longue et a dominé si longtemps. Il ne jouait que 12 tournois, en gagnant sept, et il était au sommet de sa forme dans chacun d'eux. Carlos a joué un peu trop de matches d'exhibition. Il faut trouver des moments pour recharger les batteries, et aussi doué soit-on, c'est difficile. Si tu baisses de 2 ou 3%, tu te retrouves dans le lot, et des joueurs comme Arthur Fils peuvent entrer dans la bagarre. »
Le raisonnement de Rusedski ne désigne pas un tournant isolé, mais une accumulation. En décembre, Alcaraz avait disputé des matchs d'exhibition face à Frances Tiafoe et João Fonseca. En janvier, avant l'Open d'Australie, il s'était rendu à Séoul avec Jannik Sinner. Des engagements que l'article source ne relie pas directement à des signes de fatigue physique, mais que Rusedski intègre dans une réflexion plus large sur la récupération.
Un calendrier 2026 qui reste mesuré
Le débat mérite toutefois d'être nuancé. Sur la saison 2026, Alcaraz n'a disputé que quatre tournois officiels à ce stade — un chiffre qui, en lui-même, ne signale pas une surcharge. L'Espagnol a travaillé dur à domicile à Murcia pour préparer la saison sur terre battue.
Ce qui frappe, c'est la question de la qualité de récupération entre les blocs de compétition, davantage que le volume brut de matchs. Rusedski ne remet pas en cause la valeur d'Alcaraz — il rappelle d'ailleurs que l'Espagnol a remporté un titre du Grand Chelem lors de cinq saisons consécutives à 22 ans — mais soulève la question de la gestion à long terme d'un tel niveau d'exigence.
Monte-Carlo comme première réponse
C'est à Monte-Carlo qu'Alcaraz entamera sa saison sur ocre, avec un calendrier sur terre battue comprenant cinq événements, avec des possibilités de forfait en cas de problème physique. La surface lui convient, et les récents résultats à Indian Wells et Miami ne doivent pas occulter des victoires antérieures face à João Fonseca (6-4, 6-4) ou Casper Ruud (6-1, 7-6). Le Masters de Monte-Carlo sera une première indication sur sa capacité à hausser son niveau au moment où la saison en terre battue, la plus dense de l'année, commence véritablement.




