En marge de son quart de finale disputé ce 12 mars à Indian Wells, Alexander Zverev a livré une sortie remarquée sur la mode tennistique. L'Allemand, visage d'Adidas depuis plus de dix ans, a égratigné Nike au passage — et ses propos n'ont pas manqué de viser implicitement Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, les deux premiers joueurs mondiaux habillés par la marque à la virgule.
Dix ans avec Adidas, et une liberté de ton assumée
Alexander Zverev (#4 mondial) ne choisit pas ses tenues au hasard. Depuis une décennie, il collabore étroitement avec les équipes design d'Adidas sur une ligne personnalisée. Une relation construite dans la durée, et qui lui laisse une vraie marge de manœuvre créative.
Il l'a confirmé sans détour :
« Avec Adidas, j'ai heureusement ma propre ligne sur mesure, donc j'ai mon mot à dire. Je peux dire ce que j'aime, ce que je n'aime pas, les couleurs, les combinaisons. Après dix ans ensemble, ils connaissent déjà mes préférences. »
Ce n'est pas qu'une question de contrat. Pour Zverev, la tenue de tennis prolonge une identité — les chaînes, la montre, les accessoires. Un moyen d'exprimer ce qu'il est en dehors des courts.
Nike dans le viseur : « daltonienne » sur les couleurs
C'est là que ça se joue. Interrogé sur la concurrence, Zverev n'a pas esquivé. Il a d'abord salué le travail de Lululemon sur les tenues de Frances Tiafoe, avant de lâcher ses mots sur Nike.
« Je trouve que Nike est devenu un peu daltonien ces derniers temps. Pas pour jeter des pierres. Adidas reste la meilleure, c'est sûr. »
Le timing n'est pas anodin. Les tenues portées par Jannik Sinner (#2) et Carlos Alcaraz (#1) avaient fait réagir les fans — les avis étaient partagés. Zverev n'a cité aucun nom, mais le sous-texte est lisible.
Un 6-2 6-3 en quart, la mode attendra
Sur le court, l'Allemand a été expéditif. Ce 12 mars à Indian Wells, il a réglé son adversaire en deux sets secs : 6-2, 6-3. Sept aces au compteur, 71% de premières balles rentrées, et un taux de conversion sur balles de break à 4% — peu de chances mais exploitées. En face, 0% de balles de break converties.
Le match n'a pas eu lieu entre deux joueurs à armes égales. Zverev a géré, sans forcer. La programmation physique sur ce tournoi semble rodée.
La mode comme terrain de communication
On lit entre les lignes. Zverev ne parle pas de tenues par hasard en plein Masters 1000. C'est une prise de position publique, mesurée, qui rappelle son attachement à Adidas tout en pointant une évolution esthétique chez Nike qu'il juge en retrait. Le tout enveloppé dans un « not throwing any shades » qui dit exactement le contraire.
La question qui se pose maintenant : la réponse de Sinner et Alcaraz viendra-t-elle sur le court ou en conférence de presse ? Les deux premiers joueurs mondiaux pourraient croiser l'Allemand en fin de tournoi à Indian Wells. Zverev, qualifié pour les demi-finales, connaîtra bientôt son prochain adversaire. Adidas ou pas, c'est sur le dur californien que ça se tranchera.




