Interview

Zverev : Roddick raconte un appel décisif en décembre

Andy Roddick a raconté l’appel passé en décembre avec Alexander Zverev. Le Germano-ATP a reconnu avoir « tout gâché » en 2020 et veut désormais frapper plus agressivement.

Lena Kovac
9 juin 2026
4 min
Zverev : Roddick raconte un appel décisif en décembre

À l’approche des grandes échéances, Alexander Zverev a surpris son entourage. Dans un échange évoqué par Andy Roddick, le Germano-ATP a confié avoir « complètement » fait une erreur en finale de l’US Open 2020, puis vouloir désormais frapper « des bombes » au service, sans céder à la pression.

Depuis les tribunes, on imagine le contraste : d’un côté, un joueur qui parle sans filtre ; de l’autre, un ancien numéro 1 qui a accepté de lui ouvrir la porte. Roddick a rappelé un appel passé en décembre, quand Zverev a obtenu son numéro — via John Isner — pour discuter pendant une heure et demie.

Un numéro récupéré, une conversation qui s’est lancée

Roddick a raconté qu’il ne connaissait pas Zverev personnellement : « Je lui ai parlé en décembre. Je ne le connais pas de quelque manière que ce soit. J’ai juste dit bonjour et il a toujours été amical, il aime notre émission. » L’ancien Américain a mis l’accent sur la façon dont Zverev avait su trouver le bon canal, sans passer par des intermédiaires.

Il a aussi précisé que, d’ordinaire, les demandes passent par un agent ou une seconde personne, souvent avec des profils classés autour de la quarantième place. Ici, Zverev a demandé à parler directement : « Il a eu mon numéro, je pense via John Isner, puis il a dit : “Hé, est-ce qu’on peut discuter dans les prochains jours ?” »

Ce qui a frappé Roddick, c’est l’aisance de l’échange. Sur le court, on reconnaît ce type de relâchement au corps : Zverev n’a pas parlé comme quelqu’un qui récite. Il a posé des questions et a accepté la critique, avec une posture tournée vers l’apprentissage. Un service puis un coup d’approche, ça ressemble à un enchaînement ; l’appel, lui, a ressemblé à une séquence de travail, sans détour.

« J’ai tout gâché » : le déclic assumé

Dans la discussion, Roddick a rapporté une phrase lourde de sens : Zverev a reconnu qu’il avait « complètement » laissé filer la finale de l’US Open 2020. Puis il a formulé ce qu’il voulait changer : ne plus se réfugier derrière un service « à la marge », mais chercher des frappes plus agressives, décrites comme des « bombes ».

Le détail est resté concret dans le récit de Roddick : Zverev ne s’est pas contenté de regrets. Il a expliqué qu’il cherchait une manière de contourner les moments qui font dérailler sous la tension, ces « tests de stress » qui reviennent au pire moment. Et surtout, il a ramené la discussion à une réalité simple : être défini par sa capacité à battre des adversaires dans un tournoi majeur, « vendredi et dimanche ».

Sur le terrain, ce type de consigne se traduit souvent par un tempo plus maîtrisé : on voit le joueur se replacer vite, refermer l’angle avec le buste, puis accélérer sur la frappe suivante. Dans l’appel, Roddick a perçu la même logique de contrôle : admettre le problème, puis transformer l’intention en geste.

La sincérité comme fil conducteur

Roddick a aussi insisté sur l’ouverture de Zverev. Il a décrit un joueur capable d’identifier ses forces et ses faiblesses, sans chercher l’excuse. « Il a posé de très bonnes questions », a-t-il expliqué, en ajoutant que l’information finit par passer par l’expérience personnelle et la perception de celui qui écoute.

Le ton est resté direct. Roddick a rappelé que, selon lui, beaucoup d’athlètes vivent dans une forme de déni. L’appel l’a surpris positivement, parce qu’il a vu chez Zverev un premier pas : reconnaître ce qui coince, avant de vouloir le corriger.

Cette histoire a aussi un écho très actuel : Zverev est à la fois le joueur qui parle et celui qui cherche à s’améliorer, au moment où les regards se fixent sur les semaines à venir. Dans les tribunes, on sent vite quand un discours est travaillé — et quand il sonne comme une répétition. Ici, le récit de Roddick a donné l’impression d’une conversation de préparation, faite pour passer du stress à l’action.

Prochaine étape : un match majeur en ligne de mire

La suite probable s’écrit autour d’un rendez-vous majeur : Roddick a évoqué l’idée que Zverev serait jugé sur sa capacité à battre « ces gars » dans un tournoi du Grand Chelem, lors des journées clés. À l’issue de ces échéances, l’objectif concret sera de tenir son niveau et de transformer l’intention — celle de frapper plus fort, sans se crisper — en résultats.

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