Pour Mats Wilander, Jannik Sinner est difficile à arrêter à Roland-Garros. L’ancien grand champion a estimé que la seule manière de le contrarier passait par une série de matchs très éprouvants, avec l’idée de le pousser dans ses limites physiques.
Dans son analyse, Mats Wilander a d’abord pointé la nécessité d’un front commun : « Même si je vais perdre ce match contre Jannik, je dois le pousser à ses limites physiques », a-t-il expliqué. Il a aussi mis en avant un facteur concret, lié aux conditions de jeu et à la longueur des rencontres sur la quinzaine parisienne.
Le frein, ce n’était pas le tennis : c’était l’usure
Wilander a rappelé un schéma simple : si des adversaires s’enchaînent avec des échanges longs et des duels physiquement lourds, le niveau peut finir par coûter. Il a insisté sur le fait que, lorsque les matches s’étirent, la récupération entre deux rendez-vous devient un point sensible.
Cette logique s’est appuyée sur un exemple précis : lors du Rome Open, Sinner a disputé sa demi-finale contre Daniil Medvedev et a gagné dans un contexte de longs échanges. Wilander a aussi évoqué l’Australie, en soulignant que le problème ne se résumait pas seulement à la chaleur, mais bien à la façon dont les rencontres pèsent sur le corps.
Il a résumé son raisonnement en liant l’aspect physique à la capacité d’exécution : « techniquement et tactiquement, son niveau de tennis et son aptitude à exécuter différents coups sont un peu au-dessus du reste ces jours-ci », a-t-il ajouté. Autrement dit, pour espérer l’arrêter, il faut d’abord changer la mécanique du match, pas seulement viser le bon geste.
Casper Ruud, candidat au problème sur la durée
Dans la suite de son propos, Wilander a mis en avant Casper Ruud comme un adversaire susceptible de créer des difficultés. Il a rappelé la finale du Rome Open, où Ruud a posé des problèmes à Sinner malgré la défaite. Selon lui, le score final n’a pas reflété un écart aussi large sur le plan du jeu.
Le raisonnement tactique derrière cette idée a été clair : dans un match plus long, la probabilité augmente que l’un des deux camps impose une pression supplémentaire à l’autre. Wilander a donc ouvert la porte à un scénario où quelqu’un pourrait le pousser à quatre sets, puis un autre encore à quatre sets.
Il a aussi rappelé que la route vers le titre n’était jamais verrouillée : « Bien sûr, on peut perdre contre quelqu’un : le niveau du circuit masculin est incroyable », a-t-il précisé. Dans son approche, le point clé restait la capacité à prolonger l’effort, pour rendre le prochain rendez-vous plus compliqué.
Medvedev : la vitesse de jeu et l’effet sur terre
Enfin, Wilander a ciblé Daniil Medvedev comme un adversaire potentiellement piégeux pour Sinner, notamment dans des conditions particulières à Paris. Il a évoqué une séance en session nocturne, avec une surface plus lente et des frappes qui produisent moins d’effet.
Le détail qui l’a marqué : des balles lourdes, difficiles à gérer pour un joueur qui préfère orchestrer le point avec précision. Wilander a expliqué que ces caractéristiques pouvaient rendre l’enchaînement des séquences plus coûteux, car elles obligent à ajuster la lecture et la construction du point au fil des échanges.
À ses yeux, le danger ne venait pas d’un coup unique, mais d’un ensemble : rythme, trajectoires et conditions qui allongent le travail. C’est un aspect souvent sous-estimé, car à ce niveau la marge est infime.
La suite : un adversaire à gérer, puis des points à défendre
Pour la suite, l’enjeu immédiat pour Sinner à Roland-Garros restait simple : passer le tour en gérant la durée des échanges, tout en évitant que le match ne devienne un test physique. Le prochain adversaire à affronter dans le tableau principal et la date de son match compteront autant que la manière dont il sécurisera ses transitions et ses séquences, point par point.




