Interview

Sinner-Zverev : Clément juge que Zverev n’a pas tout tenté

Arnaud Clément a estimé qu’Alexander Zverev n’avait pas tout tenté après sa défaite à la finale du Madrid Open. Il a plaidé pour plus d’ouverture.

Adam Hartley
10 mai 2026
4 min
Sinner-Zverev : Clément juge que Zverev n’a pas tout tenté

Après la finale du Madrid Open, Arnaud Clément a mis en cause la manière d’Alexander Zverev, estimant qu’il ne pourra pas dire qu’il avait « tout fait » pour aller chercher un Grand Chelem. L’ancien joueur a aussi plaidé pour une prise de risque plus assumée, quand tout se joue à ce niveau.

Dans le même temps, Jannik Sinner a enchaîné des succès nets contre plusieurs adversaires sur les matchs récents fournis, dont une victoire décisive sur Zverev en 6-1 6-2. Le contraste est clair : Sinner a imposé son rythme, pendant que Zverev a laissé des regrets s’installer.

Clément tacle l’attitude de Zverev

Sur Eurosport France, Arnaud Clément a été direct : il n’a pas cru à l’idée que Zverev avait exploité toutes ses options pour basculer le match du bon côté. Son reproche n’était pas seulement lié au score final, mais à la lecture qu’il a faite du plan de jeu.

« Je ne pense pas que Zverev, en regardant en arrière, puisse dire qu’il a tout fait pour gagner un Grand Chelem. »

Il a ensuite replacé la discussion dans l’histoire récente du haut niveau, en rappelant que les joueurs du « Big Three » ou du « Big Four » pouvaient battre n’importe qui, et surtout qu’un Grand Chelem impose de gagner plusieurs étapes d’affilée. Pour Clément, Zverev butait précisément à la première.

Le point qui revient, c’est le manque d’ouverture et de variété dans ce moment-là. Clément a même formulé l’idée d’un scénario où Zverev aurait davantage assumé ses choix, quitte à perdre autrement.

Un match où le plan de jeu a pesé

Clément a développé son idée de façon très concrète : il préférait voir Zverev tenter des choses différentes, plutôt que de subir un score qui reflétait, selon lui, une stratégie qu’il savait difficile à rentabiliser. Il a cité l’exemple d’une défaite possible en 6-1 6-2, mais avec une intention de jeu plus claire.

« Je préférerais, à un moment, que Zverev perde en faisant 30 fautes directes non provoquées, en essayant seulement des coups gagnants ou en jouant uniquement service-volée. Il aurait tenté quelque chose de différent. »

Cette critique prend un relief particulier après le résultat de la finale à Madrid. La défaite a été présentée comme un coup dur, mais surtout comme un signal : pour Zverev, l’enjeu n’était pas seulement de « jouer », mais de frapper au bon moment, avec une marge de manœuvre réelle.

Et sur la période récente fournie, Jannik Sinner a montré une capacité à conclure les séquences, puisqu’il a notamment battu Ofner 6-3 6-4, puis Zverev 6-1 6-2, avant de s’imposer aussi contre Fils 6-2 6-4, Jodar 6-2 7-6(0) et Norrie 6-2 7-5.

La hiérarchie ressentie et la réponse de l’entourage

Après le match, Alexander Zverev a pointé l’écart entre Jannik Sinner et le reste du classement, tout en évoquant aussi un fossé entre lui-même, Novak Djokovic et Carlos Alcaraz, et le groupe derrière. Une partie du public a jugé ces propos excessifs, en estimant que Zverev n’était pas au même niveau que Carlos Alcaraz.

Dans le même temps, Andy Roddick a pris la défense du joueur allemand. Pendant son podcast, il a expliqué qu’il était agacé par les critiques visant Zverev, qu’il ne considérait pas comme un joueur « inférieur ». Roddick a aussi mis en avant la qualité de son parcours et le fait qu’il n’avait pas connu de blessures majeures.

Le message derrière cette défense est simple : si Sinner et Alcaraz sont au-dessus, alors juger Zverev à l’aune d’un standard irréaliste n’aide personne. Mais Clément, lui, a choisi une ligne plus exigeante : il faut, au moment clé, avoir la volonté de changer quelque chose.

Ce que Zverev devait faire maintenant

La suite logique pour Zverev, selon Clément et le débat qu’il a déclenché, a été pensée autour d’un même objectif : passer le dernier obstacle en tournoi majeur. En clair, travailler la capacité à être plus ouvert pendant les matchs et à afficher une confiance plus haute quand la pression monte.

Pour la suite du calendrier, il faudra surtout que Zverev transforme cette critique en plan d’action. Prochaine étape : le prochain adversaire de Zverev dépendra du tableau à venir, et l’Allemand devra viser un rendement immédiat dès son prochain match. L’enjeu restera le même : se rapprocher d’un titre en Grand Chelem, là où un détail suffit à tout basculer.

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