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Sinner vs Alcaraz : Lorenzi pointe la régularité comme clé

Pour Paolo Lorenzi, ancien professionnel italien, la constance de Jannik Sinner constitue son principal avantage sur Carlos Alcaraz, dont les variations de niveau restent une marque de fabrique à corriger.

Camille Lefèvre
3 avril 2026
4 min
Sinner vs Alcaraz : Lorenzi pointe la régularité comme clé

La rivalité entre Jannik Sinner et Carlos Alcaraz nourrit le débat depuis plusieurs saisons. Mais pour Paolo Lorenzi, ancien professionnel italien, la hiérarchie est lisible : là où Alcaraz fascine, Sinner, lui, régule. Un écart de nature, pas seulement de niveau.

Deux tempéraments, deux façons d'aborder le circuit

Pour Paolo Lorenzi, ancien professionnel italien, la constance de Jannik Sinner constitue l'avantage décisif sur Carlos Alcaraz. Lorenzi ne se contente pas d'opposer deux styles de jeu. Ce qui l'intéresse, c'est le fond : la personnalité, l'approche, la manière dont chacun habite sa saison. Et sur ce terrain, les deux joueurs n'ont selon lui presque rien en commun.

D'un côté, Jannik Sinner — actuellement classé numéro 2 mondial — incarne une forme de rigueur que Lorenzi juge difficile à égaler. Son niveau de base resterait élevé et stable, match après match, tournoi après tournoi. De l'autre, Carlos Alcaraz, numéro 1 mondial, fonctionne sur un registre différent : des pics d'intensité rares, une capacité à élever son jeu à des niveaux que peu peuvent atteindre, mais aussi des passages à vide qui surviennent dans le même match, parfois dans le même jeu.

Lorenzi résume cette dichotomie sans détour :

« Ce sont deux joueurs aux caractéristiques complètement différentes, pas seulement sur le plan tennistique, mais aussi en termes de personnalité. Il est difficile d'imaginer Carlos devenir aussi régulier que Jannik. Il atteindra probablement cela plus tard dans sa carrière ; il est encore très jeune. Il avait un objectif clair : remporter l'Open d'Australie. Il a ensuite remporté Doha, pendant une période réussie. C'était normal qu'il connaisse une baisse de forme en mars ; il n'a pas pu maintenir ce niveau de performance. On peut le voir clairement sur le court, même au sein du même match : il y a des moments où il est imbattable et d'autres où il manque de régularité. Je pense que ce sera toujours l'une de ses caractéristiques. Jannik est l'exact opposé et doit tenter de profiter de ces moments de faiblesse pour l'Espagnol. »

Alcaraz, l'excellence et ses revers

Le début de saison 2026 d'Alcaraz illustre ce que décrit Lorenzi. L'Espagnol a remporté l'Open d'Australie au début de la saison. Il a enchaîné avec un titre à Doha, après une performance convaincante face à Arthur Fils.

Puis est venue la séquence floridienne. À Miami, Alcaraz s'est incliné face à Sebastian Korda avec un score de 6-3, 5-7, 6-4. Une défaite qui, selon Lorenzi, n'a rien de surprenant au regard du niveau d'exigence qu'il s'était imposé en janvier et février. « Il était normal qu'il connaisse un passage difficile en mars, confie l'ancien joueur. Il ne pouvait pas maintenir un tel niveau de performance. »

Ce que Lorenzi observe, c'est une alternance visible à l'œil nu : des séquences où Alcaraz devient quasiment impossible à jouer, et d'autres où les erreurs s'accumulent sans logique apparente. Il estime que cette caractéristique restera ancrée dans son jeu pour l'instant, et que Sinner doit apprendre à l'exploiter systématiquement.

Sinner, l'avantage de la constance

À rebours de ces variations, Sinner représente selon Lorenzi le modèle opposé. Pas nécessairement celui qui produit les échanges les plus marquants, mais celui qui ne faiblit pas, qui maintient un plancher de qualité que peu arrivent à atteindre sur la durée.

Ce qui frappe, c'est que cet avantage n'est pas lié à une supériorité technique brute. Il tient davantage à une régularité psychologique, une manière de traverser les matchs sans les hauts et les bas qui caractérisent son rival espagnol. Pour Lorenzi, c'est précisément là que se situe l'écart entre les deux à ce stade de leur rivalité.

L'ancien joueur nuance toutefois son propos : Alcaraz est encore jeune, et la régularité se construit avec les années. « Il atteindra probablement cela plus tard dans sa carrière », reconnaît-il. Le potentiel est là. La question est celle du temps et de l'expérience accumulée.

Monte-Carlo, premier rendez-vous de la terre battue

Le prochain chapitre de cette rivalité s'écrira sur ocre. Sinner et Alcaraz sont attendus au Rolex Monte-Carlo Masters, qui ouvre la saison sur terre battue en avril. Le tournoi monégasque sera le premier test sur une surface où les caractéristiques de chacun — la constance de l'un, l'explosivité de l'autre — sont souvent amplifiées. Si les deux hommes avancent jusqu'aux phases finales, le débat soulevé par Lorenzi trouvera une réponse sur le court.

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