Jannik Sinner a remporté le titre à Miami le 29 mars 2026, s'imposant en finale sur le score de 6-4, 6-4. En chemin, l'Italien a établi un nouveau record en remportant 34 sets consécutifs en Masters 1000, dépassant ainsi une marque détenue par Novak Djokovic. L'ancienne joueuse américaine Alison Riske, parmi les premières à mettre des mots sur ce qu'elle observe, parle du tennis le plus agressif qu'elle ait jamais vu.
Un record qui redessine les frontières du possible
Jannik Sinner a traversé les tournois de Paris, Indian Wells et Miami sans concéder le moindre set, enchaînant 34 sets gagnés de rang en Masters 1000 — un chiffre qui efface ce que Djokovic avait inscrit dans les livres. À Indian Wells et Miami, il a remporté les titres sans perdre son service, une performance exceptionnelle qui souligne sa domination sur surface dure. Ce sont des faits bruts, difficiles à relativiser.
Sur le plan statistique, la finale de Miami en dit long sur la maîtrise du moment : 10 aces, 65 % de premières balles et seulement une double faute. En face, son adversaire, pourtant solide à 68 % de premières balles et zéro double faute, ne convertit aucune balle de break. Voir le détail du match.
Riske et le tournant de Roland Garros 2025
Ce qui frappe, c'est l'angle qu'Alison Riske choisit pour expliquer l'état de jeu actuel de Sinner. Elle ne parle pas d'un talent qui s'exprime enfin — elle parle d'une transformation déclenchée par une défaite douloureuse. Lors de la finale de Roland Garros 2025, l'Italien avait laissé échapper trois balles de match face à Carlos Alcaraz. Un moment de rupture, que beaucoup auraient pu laisser traîner dans les têtes pendant des mois.
Riske souligne que Sinner a réagi en quelques semaines, rebondissant rapidement pour atteindre un nouveau niveau de jeu, avec une approche encore plus offensive. C'est cette évolution-là qu'elle pointe, au-delà des chiffres.
« Je repense à quand il a perdu Roland Garros l'an dernier. Il a rebondi rapidement en conquérant Wimbledon. Il est devenu encore plus agressif depuis cette défaite [...]. On assiste en ce moment à un tennis absolument dominant de la part de Jannik, surtout sur dur. Il est presque intouchable. »
L'Australie, Alcaraz, et la question du dur
Le tableau n'est pas entièrement monochrome. En début de saison, Sinner avait cédé son titre à l'Open d'Australie face à Alcaraz. La défaite fut serrée — comme souvent dans les confrontations entre les deux hommes —, mais elle fut réelle. C'est dans ce contexte que le mois de mars prend tout son sens : le retour sur le circuit coïncide avec deux titres consécutifs en Masters 1000, sans la moindre pression dans les jeux de service.
Riske le formule sans détour : Sinner monte davantage dans le court, dicte les échanges avec plus d'autorité, impose un rythme que peu de joueurs savent gérer sur surface dure. À 24 ans et depuis le numéro 2 mondial, il s'impose comme la référence du moment sur les courts rapides.
Monte-Carlo en ligne de mire
La prochaine étape pour Sinner sera le Masters de Monte-Carlo, premier Masters 1000 sur terre battue de la saison. Le contexte change radicalement : la surface, les rebonds, les tactiques — tout bascule. La série de 34 sets en Masters s'arrêtera nécessairement un jour, et la terre battue pourrait offrir ce terrain de résistance que le dur ne lui a pas fourni ce printemps. Les regards se tourneront aussi vers Alcaraz, qui avait dominé sur terre la saison passée. Le duel entre les deux hommes, déjà central en 2025, s'annonce une nouvelle fois comme le fil rouge de la saison 2026.




