Elena Rybakina, fraîchement titrée à l'Open d'Australie face à Aryna Sabalenka (6-4, 4-6, 6-4), prend position dans le débat qui secoue le circuit féminin. L'idée d'introduire le format cinq sets à partir des quarts à Melbourne, évoquée par Craig Tiley, l'ancien directeur de l'Open d'Australie, ne la convainc pas. Et elle le dit sans détour.
Un projet 2027 qui divise le circuit
Le scénario est sur la table depuis quelques semaines. Craig Tiley — passé depuis février au poste de directeur général de l'USTA — avait déclaré à la presse que les femmes pourraient disputer des matchs au meilleur des cinq sets dès les quarts de finale de l'Open d'Australie, dès 2027. Il avait néanmoins précisé que les organisateurs souhaitaient d'abord consulter les joueuses.
C'est dans ce contexte qu'à Indian Wells, en amont du cinquième tournoi de sa saison, Elena Rybakina a été invitée à se prononcer. Sa réponse ne laisse pas de place à l'ambiguïté.
« Mentalement, vous devez aussi être prête »
La championne kazakhe, tête de série numéro 3 à Indian Wells, pointe d'abord l'incohérence du format hybride envisagé : commencer un tournoi en trois sets puis basculer sur cinq en deuxième semaine représente un défi mental à part entière. Pas seulement physique.
« C'est un changement énorme, honnêtement, même si c'est seulement en deuxième semaine. Vous commencez dans un format et il s'allonge, donc mentalement vous devez aussi être prête à jouer autant de sets [...]. En tant que joueuse, je dirais que je ne voudrais pas jouer en trois sets gagnants, honnêtement. »
Elle soulève également la question du spectacle. Maintenir son niveau de jeu sur cinq sets est une chose difficile, et Rybakina doute que le format soit nécessairement plus attrayant pour le public. L'argument est discutable, mais il révèle surtout une préoccupation plus profonde : la gestion de l'effort sur la durée.
Le calendrier, un sujet qui lui tient à cœur
Ce n'est pas la première fois que Rybakina s'exprime sur les conditions d'exercice du métier. Elle a régulièrement critiqué la densité du calendrier WTA, estimant qu'il laisse peu de marge de manœuvre aux joueuses pour récupérer. Elle avait même, dans une interview passée, mis en garde la WTA en évoquant le risque de voir davantage de joueuses raccrocher prématurément.
Ajouter des sets sur les tournois du Grand Chelem s'inscrit, selon elle, à rebours de cette problématique. C'est là que ça se joue : entre l'argument commercial d'un format plus long — plus d'égalité avec les hommes, disent ses partisans — et la réalité physique d'un circuit déjà exigeant.
Indian Wells, première étape après Melbourne
En attendant que ce débat se concrétise ou non, Rybakina a un tournoi à jouer. Exemptée de premier tour en tant que troisième tête de série, elle affrontera au deuxième tour la vainqueure du match entre Hailey Baptiste et Emiliana Arango. Un entrée en lice progressive, qui lui laisse le temps de trouver son rythme dans le désert californien.
La question qui se pose maintenant est celle de sa capacité à enchaîner après un Open d'Australie abouti. Son dernier match avant Indian Wells s'est conclu sur une défaite face à Baptiste — un résultat à garder en tête avant une potentielle revanche selon le tableau. Le BNP Paribas Open reste un rendez-vous majeur dans la course aux qualifications de fin de saison, et chaque point compte à ce stade du calendrier.




