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Roddick explique pourquoi les mots de Djokovic créent la pression

Andy Roddick a expliqué pourquoi les mots de Novak Djokovic sur le partage des revenus créent de la pression. Pour lui, rendre le problème visible force la négociation.

Julien Doucet
9 mai 2026
4 min
Roddick explique pourquoi les mots de Djokovic créent la pression

À propos du partage des revenus dans le tennis, Novak Djokovic a défendu l’idée que les joueurs doivent faire entendre leurs revendications. L’ancien Américain Andy Roddick a détaillé, lui, pourquoi ces prises de parole finissaient par “mettre la pression” sur les organisateurs.

Andy Roddick a commenté le sujet pendant le podcast “Served”. Son point de départ a été très concret : selon lui, le quotidien d’un joueur installé autour de la 90e place n’a rien à voir avec celui des tout premiers. Il a cité des charges à assumer soi-même, comme les déplacements et l’hébergement, alors que la manne des tournois se concentre surtout sur le haut du classement.

Un bras de fer financier mis en avant par Djokovic et Sabalenka

Le débat a pris de l’ampleur après les critiques exprimées par des joueurs sur la part de l’argent reversée aux athlètes. Novak Djokovic est intervenu pour soutenir Aryna Sabalenka, en soulignant que les joueurs avaient raison de “lever la voix” sur les dotations. Dans cette même discussion, Jannik Sinner, Elena Rybakina et Coco Gauff ont aussi été associés au constat d’un système jugé déséquilibré.

Roddick a insisté sur un mécanisme médiatique simple : quand un joueur de premier plan parle d’un sujet structurel, la réaction ne tarde pas. Il a appuyé son raisonnement sur l’idée que la visibilité d’un problème devient un levier. Ce choix d’angle est clair : ce n’est pas uniquement une question d’argent “en soi”, mais une façon de créer un rapport de force.

Le “schéma” de la pression : rendre public, puis exiger une formule

Dans sa prise de parole, Roddick a rapproché la situation du fonctionnement d’autres sports. Il a rappelé l’exemple de la NBA et la manière dont la répartition des revenus a été négociée. Pour lui, au minimum, la croissance des gains doit être répercutée de façon proportionnelle, et pas seulement captée par ceux qui sont déjà au sommet.

Le choix tactique derrière cette logique est presque sportif : au lieu de traiter le sujet en coulisses, il s’agit d’accélérer la transition vers la négociation en amplifiant la pression publique. Ce qui a fait la différence, selon lui, a été la combinaison entre parole et exposition : “Press builds pressure”, a-t-il expliqué, en reliant le fait de “faire parler” à la capacité de “faire bouger”.

« Quand Novak parle de ce sujet, ce n’est pas parce qu’il a besoin d’argent. Quand Novak en parle, cela crée de la visibilité. Et cette visibilité crée de la pression. Les gens doivent savoir ce qui se passe. »

Un problème de niveau de classement, pas un intérêt personnel

Roddick a aussi voulu dissiper une lecture trop personnelle du débat. Il a dit que les prises de parole de Djokovic ne signifiaient pas que le Serbe était en difficulté financière, mais qu’elles visaient à aider ceux qui ne sont pas au sommet du classement. Son argument a été directement lié au rapport entre revenus et statut : autour de la 90e place, le joueur doit gérer des frais importants avec des ressources moins sécurisées.

Pour illustrer le contraste, Roddick a mis face à face deux réalités : celle des joueurs qui touchent des sommes élevées et celle de ceux qui doivent payer la tournée. Dans le même temps, le débat a été relié à une revendication chiffrée : Roddick a mentionné une demande de “22%” de la part des revenus des Grands Chelems destinée aux joueurs.

« Ils sont riches, et nous jouons à un jeu. Mais pour quelqu’un classé autour de la 90e place, ce n’est pas la vraie vie : c’est voyager, payer, et ne pas toucher de salaires d’athlète. »

Et maintenant : Djokovic, Sabalenka, puis la suite du débat

Le prochain épisode de cette affaire ne dépendra pas seulement des déclarations. Il passera aussi par la manière dont les joueurs continueront d’associer leurs revendications au fonctionnement des dotations. À ce stade, la logique est la même : rendre visible, puis obtenir une répartition plus cohérente.

Sur le plan sportif, les faits récents montrent que le débat s’est déroulé pendant que le haut du circuit continuait d’enchaîner les matchs. Pour Djokovic, on a vu perd contre Alcaraz 6-2 2-6 3-6 5-7 puis bat Majchrzak 4-6 6-1 6-2 parmi ses cinq derniers résultats. Sabalenka, de son côté, a eu bat Mcnally 6-4 6-2 parmi ses cinq derniers matchs. Le fond du dossier, lui, reste le même : la répartition des revenus et la capacité des joueurs à peser dans la décision.

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