Jessica Pegula a frôlé l'élimination ce jeudi à Charleston. La tête de série numéro 1 et tenante du titre s'est imposée face à Elisabetta Cocciaretto sur le score de 1-6 6-1 7-6(1) au huitième de finale, après avoir été menée 4-1 dans le troisième set et à deux points de la sortie dans le dixième jeu.
Un premier set à sens unique, un match à plusieurs visages
Jessica Pegula a mal démarré. Dès le troisième jeu, elle rate trois balles de break consécutives à 1-1. La sanction est immédiate : deux breaks encaissés d'affilée, cinq jeux perdus de suite, un premier set expédié 6-1 par Elisabetta Cocciaretto.
La réponse de l'Américaine dans le deuxième set fut symétrique. De 1-1, elle enchaîna cinq jeux consécutifs pour égaliser. Un set pour chacune, un troisième acte inévitable. Le schéma du match — un bloc de cinq jeux d'un côté, puis de l'autre — dit quelque chose sur le niveau d'intensité atteint, mais aussi sur la volatilité du rapport de force entre les deux joueuses.
À deux points de l'élimination
Dans le troisième set, Cocciaretto prit rapidement les commandes en menant 4-1. Pegula recolla à 4-4, mais l'Italienne reprit l'avantage à 5-4 et se retrouva à deux points de conclure dans le dixième jeu. C'est là que ça se joue : la tenante du titre tint son service, arracha le tie-break, et y fut impitoyable — 7 points à 1.
Côté statistiques, les deux joueuses affichèrent des chiffres proches sur certains indicateurs : 2 aces chacune, un taux de conversion identique sur balles de break (3%). Pegula prit cependant l'avantage sur sa première balle, avec 80% contre 69% pour Cocciaretto. Ce détail compte dans les moments où chaque jeu de service devient une ligne de front.
Le précédent Wimbledon en tête
Pegula n'a pas caché que la dimension mentale avait pesé. Lors de l'interview d'après-match, elle rappela que Cocciaretto l'avait battue lors de leur dernier affrontement à Wimbledon.
« C'était un défi, elle jouait vraiment bien. Elle m'a battue la dernière fois qu'on s'est affrontées, donc il y avait une petite dimension mentale. Mais j'ai su bien servir à la fin et tenir mes nerfs. J'ai trouvé quelques bons schémas — mon revers en long de ligne, je pense que j'ai sorti quelques grands coups qui m'ont sauvée. »
Ce commentaire éclaire un choix stratégique concret : dans les moments critiques du tie-break, Pegula s'est appuyée sur un schéma identifié — son revers en ligne — plutôt que de chercher à varier. Une décision simple, mais assumée. Le résultat lui donne raison. Voir le détail du match.
Il faut aussi rappeler que ce match suivait un huitième de finale lui aussi disputé en trois sets, contre Yulia Putintseva (4-6 6-4 7-5). Deux matchs en trois manches consécutifs, avec des troisièmes sets serrés à chaque fois. La question de la gestion physique se posera clairement avant le quart de finale.
Shnaider en quart : un test d'un autre calibre
Pegula affrontera en quart de finale la septième tête de série, Diana Shnaider. La tenante du titre est désormais à deux victoires d'une place en demi-finale. Défendre son titre à Charleston implique de gagner encore, avec deux sets en trois sets déjà dans les jambes depuis le début de la semaine. Il va falloir trancher entre récupération et préparation pour une adversaire d'un tout autre registre que Cocciaretto.




