Tenant de son titre à Charleston, Jessica Pegula a vécu une soirée compliquée avant de s'imposer face à Elisabetta Cocciaretto sur le score de 1-6, 6-1, 7-6(1), ce 2 avril, en huitièmes de finale. Un scénario à rebours, construit sur une transformation radicale entre le premier et le deuxième set.
Un premier set à oublier, une entrée dans le match ratée
Jessica Pegula a mis du temps à trouver ses repères sur la terre battue de Charleston. Dès 1-1 dans le premier set, elle concède cinq jeux consécutifs et s'incline 1-6, incapable de construire quoi que ce soit sur son service. Sur l'ensemble du set, l'Américaine ne remporte que sept points sur sa mise en jeu — un chiffre qui résume à lui seul les difficultés de l'entame.
La numéro 5 mondiale n'a pas cherché à minimiser la chose. Sur Tennis Channel, elle a reconnu sans détour :
« J'avais l'impression de ne vraiment pas savoir ce que je faisais là-dehors au début. Sur terre, si tu démarres lentement, ça peut t'échapper. Tu n'obtiens pas autant de points rapides et faciles que sur dur rapide. »
Ce qui frappe, c'est la lucidité de l'analyse. Pegula ne cherche pas d'excuse : elle pointe directement la spécificité de la surface, qui ne pardonne pas les entames molles.
Le service comme point de bascule
La transformation s'opéra dès le deuxième set. Pegula commença à trouver ses longueurs, son service aidant à renverser l'équilibre du match. Elle remporta le deuxième set 6-1, inversant presque à l'identique le rapport de force du premier.
La joueuse expliqua qu'elle avait cherché à améliorer cette statistique de service avant tout :
« J'ai essayé d'améliorer ce chiffre. Ensuite j'ai commencé à bien servir, à entrer dans les jeux de retour et à mettre la pression sur son service [...] J'ai réussi à me sortir d'un service game difficile à la fin et à garder mes nerfs. »
Ce changement de dynamique a porté ses fruits immédiatement. Au terme du match, Pegula affichait 80% de premières balles rentrées — contre 69% pour Elisabetta Cocciaretto — ce qui illustre concrètement l'écart créé sur ce secteur de jeu dans les deux derniers sets. Voir le détail du match.
Un troisième set qui faillit basculer
Le scénario aurait pu tourner différemment. Rapidement menée 0-3 dans le troisième set, Pegula se retrouva à nouveau en difficulté. La menace Cocciaretto était bien réelle : l'Italienne avait déjà battu Pegula à Wimbledon en 2025 et avait livré un premier set de haute tenue.
Mais Pegula récupéra le break au septième jeu et imposa sa loi dans le jeu décisif, ne laissant qu'un seul point à son adversaire (7-1 au tie-break). Une résolution nette, après un chemin semé d'embûches.
Ce parcours en trois sets dit quelque chose sur les exigences de la défense d'un titre. Pegula n'a pas surfé sur une évidence — elle a dû trouver des solutions en cours de match, ajuster son jeu, et tenir dans les moments tendus. À ce stade de sa carrière, cette capacité d'adaptation compte autant que les victoires elles-mêmes.
Shnaider en quarts : un test de confirmation
La prochaine adversaire de Pegula en quarts de finale sera la tête de série numéro 7, Diana Shnaider. L'enjeu est clair pour la tenante du titre : confirmer que les difficultés du match contre Cocciaretto n'étaient qu'un passage, et démontrer que son niveau de jeu peut s'élever encore sur cette surface où elle a déjà prouvé sa maîtrise l'an passé. Un test qui dira beaucoup sur la suite de sa semaine à Charleston.




